Mesures gouvernementales : 20 centimes d’aide par litre pour les secteurs touchés

Le 27 mars 2023, le gouvernement a annoncé un plan d’aide face à la flambée des prix des carburants, conséquence de la guerre au Moyen-Orient. Ce dispositif, d’un montant de près de 70 millions d’euros, est destiné à soutenir les secteurs les plus affectés, notamment la pêche, l’agriculture et les transports. Cette aide, bien que limitée au mois d’avril, vise à atténuer les effets de l’augmentation des coûts à la pompe.

EN BREF

  • Un plan d’aide de 70 millions d’euros annoncé pour avril 2023.
  • 20 centimes d’euros par litre pour les secteurs du transport, de la pêche et de l’agriculture.
  • Les mesures jugées insuffisantes par plusieurs organisations professionnelles.

Aide ciblée pour le secteur des transports

Le ministre des Transports, Philippe Tabarot, a précisé que la part principale de cette aide, soit 50 millions d’euros, sera allouée aux très petites entreprises (TPE) et aux petites et moyennes entreprises (PME) du secteur du transport. Ces entreprises, qui rencontrent des « difficultés majeures », pourront bénéficier d’une aide exceptionnelle mensuelle d’un montant équivalent à 20 centimes d’euros par litre de carburant. Cette mesure s’appliquera non seulement en métropole mais aussi dans les territoires d’outre-mer.

Avec environ 45 000 entreprises de transport en France, employant près de 400 000 personnes, le gouvernement a reconnu la nécessité de soutenir ce secteur face à la pression des coûts. Toutefois, plusieurs organisations de transporteurs routiers, notamment la FNTR (Fédération nationale des transports routiers), ont exprimé leur mécontentement face à cette initiative. Florence Berthelot, déléguée générale de la FNTR, a qualifié les annonces de « véritable usine à gaz » et a souligné qu’elles n’apportent aucune solution à la crise actuelle.

Mesures pour les pêcheurs et les agriculteurs

En plus du secteur des transports, les pêcheurs bénéficieront également d’une aide de 20 centimes par litre pour le gazole marin, mise en place sous forme de remboursement sur présentation des factures. Cette aide, d’un coût estimé à 5 millions d’euros pour le mois d’avril, vise à garantir que les navires puissent continuer leurs activités. Cependant, l’Association nationale des organisations de producteurs (ANOP) et l’Union des armateurs à la pêche de France (UAPF) ont averti que cette mesure, bien que bénéfique, reste « très insuffisante » pour de nombreuses entreprises qui peinent déjà à sortir en mer.

Pour le secteur agricole, le gouvernement a prévu une exonération du droit d’accise sur le gazole non routier (GNR), équivalente à une baisse de 4 centimes par litre. Luc Smessaert, vice-président de la FNSEA (Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles), a dénoncé cette mesure, la qualifiant de « miettes » face à une hausse de plus de 60 centimes par litre. Il a même exprimé son indignation en faisant référence à une « farce » si les agriculteurs ne sont pas entendus par le gouvernement.

Absence de mesures pour certains acteurs

Enfin, il est à noter qu’aucune mesure ne concerne les « gros rouleurs », tels que les infirmières libérales qui doivent effectuer des visites à domicile, malgré des promesses antérieures du gouvernement. Maud Bregeon, porte-parole du gouvernement, a déclaré que « toutes les options restent ouvertes pour l’avenir », laissant entrevoir la possibilité d’un soutien à ces professionnels dans le futur.

Ces annonces, bien que saluées par certains, laissent entrevoir un sentiment d’insatisfaction parmi les professionnels touchés, qui jugent que les mesures proposées ne répondent pas pleinement à l’ampleur de la crise actuelle. Les tensions au sein des secteurs concernés pourraient se traduire par des manifestations, alors que le mécontentement s’accroît face à la hausse des coûts de la vie.