Népal : arrestation de l’ex-Premier ministre KP Sharma Oli pour répression meurtrière

Ce samedi, l’ancien Premier ministre népalais KP Sharma Oli a été arrêté, impliqué dans la répression sanglante d’une insurrection qui l’a contraint à quitter le pouvoir il y a six mois. Cette arrestation survient alors que le pays est marqué par un changement de gouvernement, avec la montée au pouvoir de Balendra Shah, un jeune maire devenu rappeur, fraîchement élu lors des législatives de mars.

EN BREF

  • KP Sharma Oli arrêté pour son rôle dans la répression meurtrière de septembre 2025.
  • Une commission d’enquête recommande des poursuites contre lui et son ancien ministre de l’Intérieur.
  • Balendra Shah, nouveau Premier ministre, promet justice et réforme.

KP Sharma Oli, âgé de 74 ans et leader du Parti communiste népalais (CPN-UML), a été interpellé aux côtés de son ancien ministre de l’Intérieur, Ramesh Lekhak. Cette action fait suite à une enquête sur les manifestations de septembre 2025, qui ont fait au moins 76 morts et plus de 2.400 blessés lors de violences sans précédent dans le pays.

Les manifestations avaient débuté en réaction à un blocage des réseaux sociaux et à la corruption au sein des élites, mobilisant des milliers de jeunes sous l’appellation de la Génération Z. Durant ces deux jours d’émeutes, des manifestants ont été abattus par les forces de l’ordre, tandis que des bâtiments publics, y compris le parlement et la résidence de M. Oli, ont été incendiés.

Une commission d’enquête a récemment publié un rapport de 900 pages, suggérant des poursuites pénales contre Oli et d’autres responsables, bien qu’elle n’ait pas pu déterminer s’il y avait eu un ordre formel d’ouvrir le feu sur les manifestants. M. Oli a toujours nié avoir donné de tels ordres, rejetant la responsabilité des violences sur des « infiltrés » et des « forces anarchistes ».

Suite à son arrestation, KP Sharma Oli a été conduit à l’hôpital en raison de problèmes de santé, mais il a affirmé qu’il se préparait à mener une bataille judiciaire contre ce qu’il qualifie de « vengeance politique ». Son parti a appelé à des manifestations dans tout le Népal, tandis que le nouveau gouvernement de Balendra Shah s’engage à respecter les recommandations de justice de la commission d’enquête.

Balendra Shah, âgé de 35 ans, incarne une nouvelle génération de dirigeants au Népal, un pays en proie à des tensions politiques croissantes depuis des années. Dans sa première réunion de cabinet, il a déclaré que « personne n’est au-dessus de la loi », affirmant que les actions entreprises ne sont pas une vengeance, mais un pas vers la justice.

KP Sharma Oli, qui a occupé le poste de Premier ministre à quatre reprises depuis 2015, fait face à des accusations qui pourraient redéfinir son héritage politique. Les manifestations de septembre 2025, les plus meurtrières depuis la fin de la guerre civile en 2006, ont marqué un tournant dans la perception publique de sa gouvernance.

Dans sa lettre de démission, rédigée dans un contexte de crise politique, M. Oli avait exprimé l’espoir que son départ faciliterait un dialogue politique et aiderait à résoudre les problèmes en cours. Cependant, avec son arrestation, il est clair que le chemin vers la réconciliation sera semé d’embûches.