Différences entre adénomyose et endométriose : un éclairage médical

Les douleurs pelviennes chroniques, les rapports sexuels douloureux ou encore l’infertilité sont des symptômes souvent associés à l’endométriose. Cependant, l’adénomyose, une pathologie moins connue, peut également en être la cause. À l’occasion de la journée mondiale de l’endométriose, qui se tient chaque année le 28 mars, nous faisons le point sur ces deux maladies, leurs différences et leurs implications, avec l’éclairage de Marc Even, gynécologue et co-fondateur des centres Pointgyn.

EN BREF

  • Adénomyose et endométriose partagent des symptômes similaires mais diffèrent par leur localisation.
  • En France, l’adénomyose touche 11 à 13% des femmes, tandis que l’endométriose concerne près de 10% de la population féminine en âge de procréer.
  • Les traitements varient selon la pathologie, allant des médicaments à des interventions chirurgicales.

Comprendre l’adénomyose et l’endométriose

Pour mieux cerner ces deux maladies, il est essentiel de comprendre leur fonctionnement. Selon Marc Even, l’endométriose se manifeste lorsque des cellules de l’endomètre, le tissu qui tapisse l’intérieur de l’utérus, se déplacent en dehors de celui-ci. Ces cellules peuvent alors s’implanter sur d’autres organes, provoquant des lésions.

En revanche, l’adénomyose est une forme particulière d’endométriose où le tissu endométrial se développe dans la paroi musculaire de l’utérus. Autrefois désignée sous le terme d’ »endométriose interne », cette pathologie reste confinée à l’utérus, contrairement à l’endométriose qui peut se propager à d’autres parties du corps.

Symptômes et diagnostic

Les symptômes de ces maladies sont souvent similaires. Les femmes souffrant d’adénomyose et d’endométriose peuvent expérimenter des règles douloureuses et abondantes. Toutefois, l’adénomyose est également associée à des métrorragies, soit des saignements en dehors des règles. Les troubles digestifs et urinaires, quant à eux, sont plus fréquemment liés à l’endométriose.

Une des particularités de l’adénomyose est son incidence sur les femmes de plus de 40 ans qui ont déjà eu plusieurs grossesses. Ces patientes peuvent souffrir d’anémie due à des saignements chroniques, ce qui complique souvent le diagnostic. En effet, beaucoup de femmes se retrouvent en errance diagnostique, n’ayant pas conscience de la pathologie dont elles souffrent.

Causes et facteurs de risque

Les causes de ces deux maladies restent encore largement inconnues. L’Organisation mondiale de la Santé estime que l’endométriose touche environ 190 millions de femmes dans le monde, tandis que des études estiment que l’adénomyose concerne 11 à 13% des femmes en France.

Marc Even souligne que la multiparité, c’est-à-dire le fait d’avoir eu plusieurs grossesses, peut déclencher l’adénomyose. À l’inverse, l’endométriose est associée à des facteurs tels que l’absence de grossesse, des cycles menstruels courts ou une histoire familiale de la maladie.

Traitements disponibles

Le traitement de l’endométriose commence généralement par la gestion de la douleur, avec des antalgiques et des anti-inflammatoires, ainsi que des traitements hormonaux pour interrompre les règles. Les interventions chirurgicales ne sont pas systématiquement recommandées en première intention.

Pour l’adénomyose, l’objectif principal est de contrôler les saignements, souvent par le biais de pilules contraceptives en continu ou d’un stérilet hormonal. Dans les cas les plus graves, une intervention chirurgicale peut être nécessaire, allant de l’hystéroscopie opératoire à une hystérectomie, pratiquée uniquement chez les femmes n’ayant plus de désir de grossesse.

Il est essentiel de consulter un professionnel de santé pour un diagnostic précis et un traitement approprié. La sensibilisation à ces pathologies est cruciale, notamment lors de journées comme celle dédiée à l’endométriose, pour aider les femmes à mieux comprendre et gérer leur santé reproductive.