Trois journalistes libanais, dont un d’al-Manar, tués par une frappe israélienne

Le 28 mars 2026, la tragédie a frappé le Liban avec la mort de trois journalistes lors d’une frappe israélienne. Parmi les victimes, Ali Shoeib, correspondant de la chaîne al-Manar, a été tué alors qu’il couvrait les événements dans la région de Jezzine, au sud du pays. Cette attaque a suscité une condamnation unanime des autorités libanaises, qui la qualifient de « crime flagrant ».

EN BREF

  • Trois journalistes libanais tués par une frappe israélienne à Jezzine.
  • Ali Shoeib, correspondant d’al-Manar, parmi les victimes.
  • Les autorités libanaises dénoncent un « crime flagrant ».

Cette frappe a eu lieu dans un contexte de tensions croissantes, le Liban ayant été entraîné dans un conflit régional après une attaque du Hezbollah contre Israël le 2 mars précédent. Selon les autorités, le nombre de victimes s’élève à 1.189, dont 124 enfants et 51 secouristes depuis le début des hostilités.

L’armée israélienne a justifié cette attaque en affirmant qu’Ali Shoeib était un membre de la force al-Radwan, une unité d’élite du Hezbollah, opérant « sous la couverture d’un journaliste ». Cette déclaration a été accueillie avec indignation, tant au niveau national qu’international.

Les autres victimes, Fatima Ftouni, journaliste d’al-Mayadeen, et son frère, le caméraman Mohammed Ftouni, ont également été tués dans cette attaque. Les journalistes ont organisé un rassemblement à Beyrouth pour honorer leur mémoire et dénoncer la violence croissante à l’encontre des membres de la presse.

Le président libanais, Joseph Aoun, a qualifié cette frappe de « crime flagrant », tandis que le Premier ministre, Nawaf Salam, a dénoncé une « violation flagrante du droit international humanitaire ». Ces déclarations reflètent l’inquiétude croissante face à la sécurité des journalistes dans la région.

La réaction du Hezbollah a été rapide, dénonçant l’assassinat de son reporter et promettant de répondre à cette agression. Ce n’est pas la première fois que des journalistes de ces chaînes sont pris pour cibles. En octobre 2024, trois reporters avaient déjà perdu la vie lors d’une frappe israélienne.

Les conséquences de ce conflit ne se limitent pas à la perte de vies humaines. Le secteur de la santé est également durement touché. Le ministre de la Santé a rapporté la mort de neuf secouristes dans des bombardements récents, portant le total à 46 depuis le début de l’offensive israélienne. Les services de secours sont de plus en plus vulnérables, avec 75 attaques visant des installations de santé.

Le climat de violence s’intensifie, alors qu’Israël a intensifié ses frappes aériennes sur plusieurs localités du sud du Liban. Les habitants ont entendu des détonations à travers le pays, témoignant de l’escalade des hostilités. Les autorités libanaises, tout en restant à l’écart des violences, déplorent les pertes civiles, y compris la mort de deux soldats libanais lors d’une frappe israélienne.

Dans ce contexte, le Hezbollah a intensifié ses attaques contre les forces israéliennes. Il a notamment revendiqué avoir touché un char Merkava à l’aide d’un drone. Cette dynamique de violence soulève des inquiétudes quant à l’avenir de la région et à la sécurité des journalistes, qui continuent d’exercer leur métier dans des conditions périlleuses.

La mort de ces trois journalistes rappelle tragiquement les dangers auxquels sont confrontés les professionnels de l’information en zone de conflit. Alors que la guerre se poursuit, l’espoir d’une résolution pacifique semble s’éloigner, laissant la communauté internationale dans l’attente d’une réponse adéquate face à cette crise humanitaire.