Le climat politique en France se tend autour de Saint-Denis, où plusieurs parlementaires, dont la cheffe des députés insoumis Mathilde Panot, ont décidé de saisir l’Arcom. Cette démarche fait suite à des propos jugés « racistes » tenus sur la chaîne CNews à l’égard du nouveau maire de la ville, Bally Bagayoko.
EN BREF
- Mathilde Panot et d’autres parlementaires saisissent l’Arcom pour des propos sur CNews.
- Un psychologue a comparé le maire de Saint-Denis à un « chef de tribu ».
- CNews défend ses propos, qualifiant la polémique de « déformée » sur les réseaux sociaux.
Cette situation a été déclenchée lors d’un débat diffusé le vendredi soir sur CNews. Jean Doridot, psychologue, a été interrogé sur les premières actions de Bally Bagayoko, élu à la tête de Saint-Denis. Au cours des échanges, il a fait une analogie controversée en évoquant le maire comme un chef au sein d’une tribu, soulignant que « l’homme est un mammifère social de la famille des grands singes ». Ces déclarations ont suscité l’indignation de plusieurs élus, qui ont vu dans ses mots un écho de racisme.
Mathilde Panot a dénoncé sur le réseau social X le racisme « crasse et décomplexé » dont aurait été victime Bagayoko, un homme d’origine malienne, né dans les Hauts-de-Seine. Elle a souligné qu’il était inacceptable de comparer un élu à un animal, un acte qu’elle considère comme un reflet du climat raciste qui, d’après elle, imprègne certains médias.
Le sénateur communiste Ian Brossat a également réagi en qualifiant CNews de « cloaque raciste », tout en annonçant un signalement à l’Arcom. La députée écologiste Léa Balage El Mariky a abondé dans ce sens, exprimant son soutien au maire et appelant à une action immédiate contre cette chaîne.
Face à la montée des critiques, la direction de CNews a pris la parole, affirmant que les propos de Jean Doridot avaient été « déformés » sur les réseaux sociaux. Elle a insisté sur le fait qu’il n’y avait aucune intention raciste dans ses propos, et que le psychologue avait par la suite cherché à clarifier son discours, évoquant une volonté d’universaliser son propos.
Jean Doridot a ainsi tenté de se défendre en affirmant : « Nous avons tous deux bras, deux jambes, 23 paires de chromosomes par cellule. C’est ça que j’ai voulu dire. » Il a ajouté qu’il souhaitait souligner notre lien de parenté universelle, et que sa déclaration initiale n’avait pas été suffisamment claire.
Dans ce contexte, Bally Bagayoko, le maire de Saint-Denis, se retrouve au cœur d’une polémique qui dépasse les simples frontières de sa ville. Ses déclarations sur la nécessité de voir les fonctionnaires alignés avec le projet politique de la municipalité ont également contribué à alimenter les tensions. Il a récemment déclaré que ceux qui ne partageaient pas cette vision « partiront ».
Cette affaire soulève des questions importantes sur le racisme dans le débat public français et la responsabilité des médias dans la diffusion des discours. La réaction de l’Arcom sera donc scrutée de près, alors que le climat politique semble se polariser davantage autour de ces enjeux.