Le rappeur Gims, devenu une figure emblématique de la scène musicale francophone, est en proie à une tourmente judiciaire sans précédent. Mis en examen pour blanchiment aggravé et bande organisée, il fait l’objet d’une enquête qui soulève des interrogations sur la gestion de son empire financier. Les faits remontent à son interpellation à l’aéroport de Roissy-Charles-de-Gaulle le 25 mars 2026.
EN BREF
- Gims mis en examen pour blanchiment aggravé et bande organisée.
- Une enquête sur un réseau international et des investissements immobiliers à Marrakech.
- Le rappeur nie les accusations et se dit victime de sa surcharge de travail.
Gims, de son vrai nom Gandhi Djuna, a été placé en garde à vue avant d’être mis en examen deux jours plus tard. Le Parquet national anticriminalité organisée (Pnaco) a révélé que l’artiste est soupçonné de blanchiment de biens ou fonds issus d’une fraude fiscale aggravée. Cette affaire s’inscrit dans une enquête d’une ampleur considérable, menée par trois juges d’instruction spécialisés, qui s’intéresse à un vaste réseau de blanchiment impliquant jusqu’à 2 000 entreprises.
Le centre de l’enquête semble être un projet immobilier à Marrakech, le Sunset Village Private Residences, un complexe de luxe que Gims a activement promu depuis 2025. Ce projet, qui comprend 118 villas autour d’un lagon de 3 000 m², serait soupçonné d’avoir servi de façade à des opérations de dissimulation de fonds douteux. Gims a été placé sous contrôle judiciaire, avec une caution fixée à 1,5 million d’euros.
Cette affaire implique également d’autres individus : quinze personnes sont actuellement mises en examen, dont plusieurs collaborateurs de Gims. Leurs rôles sont scrutés par la justice, qui a identifié une organisation criminelle ayant pour but de faciliter le blanchiment d’argent à grande échelle. Les transactions suspectes, qui s’étendent de 2019 à 2025, concernent environ 319 millions d’euros.
Gims, qui affirme n’avoir pas eu connaissance des mouvements financiers jugés suspects, a confié la gestion de ses affaires à des proches en raison de sa charge de travail intense, avec 250 concerts prévus en 2025. Ses avocats soutiennent que des virements ont été effectués sans son consentement par des personnes de confiance. Deux de ses collaborateurs, un majordome et un secrétaire, sont également sous le radar de la justice.
Alors que l’enquête se poursuit, Gims demeure présumé innocent. Il peut continuer à se produire sur scène, avec des concerts programmés à l’international. L’artiste, qui a su diversifier ses activités au-delà de la musique, est également connu pour sa marque de vêtements et ses investissements immobiliers. Résident à Marrakech depuis 2016, il est devenu un acteur majeur dans le secteur du luxe, mais cette situation met en péril sa réputation et son empire commercial.
Au-delà de l’aspect judiciaire, cette affaire soulève des questions sur la frontière entre l’art et les affaires. Gims, à 39 ans, a su capitaliser sur son succès musical pour devenir un entrepreneur influent. Cela ne fait qu’ajouter une dimension supplémentaire aux défis qu’il doit maintenant affronter.