Ce lundi, le navigateur français Kevin Escoffier est jugé au tribunal correctionnel de Lorient pour des agressions sexuelles présumées sur quatre femmes. Accusations qu’il conteste fermement, les faits se seraient déroulés en France ainsi qu’à l’étranger.
EN BREF
- Kevin Escoffier est jugé pour agressions sexuelles sur quatre femmes.
- Les accusations incluent des faits survenus à Newport et à Lorient.
- Il encourt jusqu’à sept ans de prison en cas de condamnation.
Le skippeur breton, bien connu dans le milieu de la voile, a attendu ce procès avec impatience, selon son avocate, Me Virginie Le Roy. Il sera confronté à l’ancienne attachée de presse de son équipe, qui a porté plainte après avoir été agressée dans un bar à Newport, aux États-Unis, en mai 2023. Cette plainte a été le point de départ d’une enquête qui a révélé d’autres accusations similaires.
Me Caroline Toby, l’avocate de la plaignante, a souligné l’importance du témoignage de sa cliente, affirmant que son courage a permis d’initier cette action en justice. Avant le début des audiences, un rassemblement a été organisé par le collectif féministe NousToutes Lorient, pour soutenir les victimes et dénoncer les violences dans le milieu de la course au large.
Kevin Escoffier a été placé en garde à vue en février 2025, suite à une enquête ouverte par le parquet de Paris en juillet 2023. Les faits reprochés à Escoffier se seraient déroulés dans différentes villes, incluant Lorient, le Brésil et Melbourne, en Australie. Certains témoignages évoquent des incidents survenus alors qu’il était en état d’ébriété.
Auparavant, Kevin Escoffier avait intenté un procès en diffamation contre le journal Le Canard Enchaîné, qui avait publié un article mentionnant les accusations à son encontre. Le tribunal a relaxé le journal en mai 2025, considérant que l’enquête reposait sur des éléments solides.
Une des plaignantes a relaté comment, lors d’un incident à Newport, Kevin Escoffier aurait abusé de sa position en l’agressant physiquement. Son témoignage décrit une situation où, alors qu’elle tentait de retrouver son équipe, il aurait pressé ses seins et tenté de toucher ses fesses, allant jusqu’à remonter sa main sous son t-shirt.
Suite à la divulgation des accusations, le navigateur a quitté son équipe de course en pleine Ocean Race. En octobre 2023, la Fédération française de voile a décidé de le suspendre pour 18 mois de toute compétition, retirant provisoirement sa licence pour cinq ans. Cependant, cette décision a été annulée en mars 2024 en raison d’un vice de procédure.
Si Kevin Escoffier est reconnu coupable, il risque une peine maximale de cinq ans de prison, qui pourrait s’élever à sept ans si des circonstances aggravantes sont retenues. Le jugement sera rendu à l’issue des débats, attendus ce soir.