Le Pakistan se positionne comme médiateur dans le conflit entre les États-Unis et l’Iran

Le Pakistan a affirmé, ce dimanche, sa volonté de servir de facilitateur pour des pourparlers entre les États-Unis et l’Iran, dans le contexte d’une guerre qui s’intensifie depuis deux mois. Cette initiative a été bien accueillie par les Nations unies et la Chine, qui soutiennent les efforts de paix du gouvernement pakistanais.

EN BREF

  • Le Pakistan propose d’accueillir des pourparlers entre les États-Unis et l’Iran.
  • Les ministres des Affaires étrangères de plusieurs pays soutiennent cette initiative.
  • Les inquiétudes grandissent concernant le trafic maritime dans le détroit d’Ormuz.

Le ministre des Affaires étrangères pakistanais, Ishaq Dar, a rencontré à Islamabad ses homologues d’Arabie saoudite, d’Égypte et de Turquie. Ensemble, ils ont souligné l’importance d’instaurer un dialogue pour prévenir de nouveaux conflits et favoriser la paix dans la région. Dans une déclaration télévisée, M. Dar a fait part du soutien unanime de ces pays à l’idée de pourparlers entre Washington et Téhéran.

Ce rapprochement diplomatique est d’autant plus crucial que la guerre, impliquant les États-Unis et Israël, a des répercussions sur la sécurité maritime dans le détroit d’Ormuz, un passage stratégique pour le transit de pétrole et de gaz. Les tensions géopolitiques rendent nécessaire une intervention rapide pour éviter un chaos total dans la région, a déclaré M. Dar.

Islamabad, qui cherche à renforcer ses relations avec Téhéran tout en maintenant des contacts étroits avec les États-Unis, se positionne comme un acteur clé dans cette dynamique. Le Premier ministre Shehbaz Sharif et le chef de l’armée, Asim Munir, ont établi des relations personnelles avec le président américain Donald Trump, ce qui pourrait faciliter le dialogue.

Au cours de la réunion, M. Dar a également évoqué des discussions récentes avec des responsables iraniens de haut rang, y compris le président Massoud Pezeshkian et le ministre des Affaires étrangères Abbas Araghchi. Il a affirmé que les deux nations avaient exprimé leur confiance dans le rôle du Pakistan comme intermédiaire.

Les ministres présents ont convenu de la nécessité de créer un cadre de négociation pour éviter que les conflits ne s’étendent. Malgré le démenti de Téhéran concernant la tenue de pourparlers officiels avec Washington, il a été rapporté que l’Iran avait transmis une réponse au plan en 15 points proposé par M. Trump, via le Pakistan.

Le ministre allemand des Affaires étrangères, Johann Wadephul, a également fait état d’une possible rencontre entre les deux pays au Pakistan, alimentant l’espoir d’une résolution rapide au conflit, bien qu’il n’ait pas précisé ses sources.

Les enjeux économiques sont également déterminants dans cette situation. Le Pakistan dépend fortement des importations de pétrole et de gaz transitant par le détroit d’Ormuz. Des perturbations dans ce trafic pourraient entraîner une hausse des prix et la nécessité de nouvelles mesures d’austérité.

En réponse à ces préoccupations, M. Dar a annoncé que l’Iran avait récemment autorisé un passage supplémentaire de 20 navires battant pavillon pakistanais à travers le détroit d’Ormuz, soit deux navires par jour. Une démarche qui pourrait soulager temporairement la pression sur les voies maritimes.

Dans ce contexte tendu, le rôle du Pakistan comme médiateur pourrait s’avérer crucial pour la stabilité régionale et la prévention d’un escalade des conflits.