Jérusalem : un dimanche des Rameaux marqué par l’interdiction de célébration

La matinée du dimanche des Rameaux a été particulièrement tendue à Jérusalem. Pour la première fois depuis des siècles, la police israélienne a empêché le Patriarche latin de Jérusalem, le cardinal Pierbattista Pizzaballa, ainsi que le père de l’église du Saint Sépulcre, d’accéder à ce lieu sacré pour célébrer la messe. Cet incident a été qualifié de grave précédent par le Patriarcat latin, qui a publié un communiqué à ce sujet.

EN BREF

  • Interdiction inédite pour le Patriarche latin de célébrer la messe à Jérusalem.
  • Les rassemblements religieux limités à 50 personnes depuis le début de l’offensive israélienne.
  • Réactions internationales suite à cette restriction, notamment de la part d’Emmanuel Macron.

Selon le communiqué du Patriarcat latin, les deux religieux ont été arrêtés alors qu’ils se rendaient à l’église à titre privé, avant d’être contraints de faire demi-tour. « En conséquence, et pour la première fois depuis des siècles, les chefs de l’Église ont été empêchés de célébrer la messe du dimanche des Rameaux », souligne le texte. Cette situation a suscité une indignation notable, notamment parce qu’elle témoigne d’un manque de considération envers les croyants du monde entier qui, en cette période, se tournent traditionnellement vers Jérusalem.

La messe du dimanche des Rameaux, qui marque le début de la Semaine sainte, commémore l’entrée triomphale de Jésus à Jérusalem, quelques jours avant sa crucifixion. Cette année, le Patriarcat latin a également annulé la procession habituelle du mont des Oliviers vers Jérusalem, un événement qui attire chaque année des milliers de fidèles.

Dans un contexte déjà tendu, les autorités israéliennes ont restreint les grands rassemblements religieux depuis le 28 février, limitant la participation à environ 50 personnes dans les synagogues, les églises et les mosquées. Le Patriarcat a exprimé que, malgré ces mesures, les chefs des Églises avaient toujours agi de manière responsable, respectant les restrictions imposées depuis le début du conflit. Cependant, empêcher l’accès au cardinal et au custode, qui détiennent la plus haute autorité ecclésiastique, est perçu comme une mesure déraisonnable et disproportionnée.

La situation a été clarifiée dans l’après-midi par le bureau du Premier ministre israélien, Benyamin Netanyahou, qui a affirmé que la police avait agi par souci de sécurité. « Il n’y avait absolument aucune intention malveillante, seulement la préoccupation de garantir sa sécurité », a-t-il précisé sur X. Toutefois, cette justification n’a pas apaisé les critiques, notamment celle d’Emmanuel Macron qui a condamné cette décision, la qualifiant de violation du statut des Lieux Saints à Jérusalem.

La présidente du Conseil italien, Giorgia Meloni, a également réagi, affirmant que ces actions constituent une offense non seulement pour les croyants, mais pour toute communauté défendant la liberté religieuse. Face à ces tensions, Benyamin Netanyahou a promis que la situation serait rectifiée, annonçant que le cardinal Pizzaballa aurait un accès total à la basilique du Saint Sépulcre.

Les préoccupations sécuritaires ont été accentuées par des incidents récents, notamment des fragments de missiles tombés près de l’église du Saint Sépulcre, ce qui a conduit à des restrictions plus sévères pour les rassemblements religieux. Actuellement, les chrétiens représentent moins de 2 % de la population de la Terre sainte, en forte diminution depuis la création de l’État d’Israël en 1948, où ils constituaient plus de 18 % de la population.

Ce dimanche des Rameaux à Jérusalem, à travers cet incident, soulève des questions sur la liberté religieuse et le respect des traditions au sein d’une ville qui demeure un symbole fort pour des millions de croyants dans le monde.