État et acteurs unis pour lutter contre les violences dans les transports

Le 30 mars 2026, les ministres des Transports, Philippe Tabarot, et de l’Égalité femmes-hommes, Aurore Bergé, ont réuni à la gare du Nord, à Paris, divers acteurs du secteur des transports pour signer une charte commune. Cette initiative vise à renforcer la lutte contre les violences sexistes et sexuelles dans les transports. Selon un communiqué transmis à l’AFP, l’objectif est de mieux prévenir, détecter les situations à risque et améliorer la prise en charge des victimes.

EN BREF

  • Une charte commune signée pour lutter contre les violences sexistes et sexuelles.
  • Harmonisation des actions des collectivités, transporteurs et associations.
  • 3 374 victimes de violences sexuelles enregistrées en 2024 dans les transports.

Cette charte, qui regroupe pour la première fois l’État, les collectivités, les opérateurs de transport et le monde associatif, a pour but d’unifier des actions qui étaient jusqu’à présent menées de manière disparate. Les ministères concernés soulignent la nécessité d’une approche coordonnée pour faire face à ce fléau sociétal.

Parmi les mesures envisagées, la charte prévoit une meilleure qualification et quantification des violences, afin d’objectiver leur ampleur et d’identifier les zones d’insécurité. Des solutions concrètes seront également développées, telles que la possibilité de descendre à la demande dans les transports en commun, le renforcement des dispositifs de signalement, notamment le 3117, qui est dédié aux agressions et situations de harcèlement sur le réseau francilien, ainsi que le déploiement d’équipes de médiation et de sûreté.

En complément, la charte ambitionne de renforcer la formation et la sensibilisation des personnels des transports. Des messages d’information seront diffusés régulièrement pour assurer une meilleure compréhension des enjeux et des comportements à adopter face à ces violences. Ce texte sera signé par plusieurs acteurs clés, dont le Groupement des autorités organisatrices de transport, Régions de France, Île-de-France Mobilités, ainsi que l’Union des transports publics et ferroviaires (UTPF), la Fédération nationale des transports de voyageurs (FNTV) et l’Organisation des transporteurs routiers européens (OTRE), accompagnés d’associations actives dans la lutte contre les violences faites aux femmes.

Les statistiques parlent d’elles-mêmes : en 2024, les services de police et de gendarmerie nationales ont enregistré 3 374 victimes de violences sexuelles dans les transports en commun, soit une augmentation de 6 % par rapport à 2023 et de 86 % par rapport à 2016. Les femmes demeurent les principales cibles de ces violences, représentant 91 % des victimes, selon une enquête du service statistique ministériel de la sécurité intérieure (SSMSI) citée par l’Observatoire de la mission interministérielle pour la protection des femmes (Miprof).

Face à cette réalité alarmante, le gouvernement et les acteurs du secteur des transports souhaitent agir de manière proactive pour améliorer la sécurité des usagers. La mise en place de cette charte apparaît ainsi comme une étape cruciale dans la lutte contre ces violences, en s’assurant que chaque signalement soit traité et qu’une réponse concrète soit apportée.

Les initiatives en cours sont un signe d’espoir, mais il reste encore beaucoup à faire pour garantir un environnement sûr et respectueux pour tous les usagers des transports en commun. L’engagement collectif est essentiel pour transformer ces paroles en actions effectives et durables.