Ce lundi matin, une quinzaine de cars de tourisme se sont rassemblés près de la porte de Vincennes à Paris pour lancer une opération escargot organisée par l’Organisation des transporteurs routiers européens (Otre). Ce mouvement vise à dénoncer l’augmentation des prix des carburants, jugée insoutenable par les professionnels du secteur.
EN BREF
- Une opération escargot est lancée par des transporteurs routiers à Paris.
- Les aides gouvernementales jugées insuffisantes par les manifestants.
- Le ministre de l’Intérieur appelle à éviter les blocages économiques.
La trésorière de la Fédération des autocaristes indépendants, Sarah Bahezre, a exprimé son désarroi face à l’aide gouvernementale de 20 centimes par litre, considérée comme largement insuffisante. « Il faudrait 50 centimes pour compenser nos pertes. Sinon, des faillites sont à prévoir, car nous ne pouvons pas continuer à travailler à perte », a-t-elle déclaré.
Les organisateurs attendent environ 150 véhicules, incluant camions, autocars et ambulances, pour renforcer leur message. « Nous avons tous les mêmes problématiques. Il est crucial que le gouvernement prenne des mesures », a ajouté Bahezre. Les participants à cette opération escargot ont prévu de partir à 10H00 et une délégation sera reçue à la Préfecture de police, tandis que les autres véhicules effectueront un tour du périphérique.
Le sentiment d’urgence est partagé par Mélik, chauffeur de la société de tourisme VIC Paris, qui est venu avec une dizaine de collègues. « Notre société possède plus de 500 véhicules et nous faisons des voyages à travers toute l’Europe. Le prix du gazole est passé de 1,60 euro à 2,30 euros. Vous imaginez ? », s’est-il exclamé.
Il a également souligné les difficultés liées aux contrats déjà signés, empêchant une répercussion immédiate de l’augmentation des coûts sur les tarifs. « Nous avons également constaté de nombreuses annulations de clients asiatiques à cause des tensions au Moyen-Orient », a-t-il ajouté, évoquant des événements qui aggravent la situation déjà délicate pour les transporteurs.
Les premiers cars, garés en bordure du cours de Vincennes, n’ont pas causé de perturbations significatives dans la circulation parisienne. Cependant, la situation pourrait évoluer au fil de la journée. Laurent Nuñez, ministre de l’Intérieur, a prévenu sur RTL que « certaines actions sont tolérées, mais les blocages qui nuisent à l’économie et à la liberté de circulation ne peuvent pas être acceptés ».
Les transporteurs, déterminés à se faire entendre, espèrent que leur mobilisation conduira à des changements concrets dans les politiques gouvernementales concernant les aides face à la flambée des prix. La journée s’annonce donc cruciale pour l’avenir du secteur et la préservation de l’activité des entreprises de transport.