Jean-Claude de Roo, ancien plumassier du Lido, conteste les accusations de viols sur mineurs

Le procès de Jean-Claude de Roo, ancien plumassier du célèbre cabaret parisien le Lido, a débuté ce lundi à la cour criminelle de Paris. À 77 ans, cet homme belge est accusé de viols et d’agressions sexuelles sur deux mineurs. Lors de l’ouverture de son procès, il a de nouveau nié les faits qui lui sont reprochés.

EN BREF

  • Jean-Claude de Roo est jugé pour viols et agressions sur mineurs à Paris.
  • L’accusé conteste les faits et affirme avoir eu des relations consenties.
  • Le procès se poursuivra jusqu’à mercredi avec plusieurs auditions prévues.

Les accusations portent sur des actes commis sur une première victime entre janvier 2007 et octobre 2010, alors que celle-ci n’avait que 14 ans. De plus, il est également poursuivi pour une agression sexuelle sur une seconde victime, également mineure, en 2016. Ces faits sont aggravés par le fait que Jean-Claude de Roo avait autorité sur ces jeunes garçons.

Lors de l’audience, le président de la cour a demandé à M. de Roo s’il reconnaissait les accusations. En costard sombre, il a répondu par la négative, une position qu’il maintient depuis le début de l’instruction.

Les faits reprochés à l’accusé sont d’une gravité particulière. Selon le dossier, il aurait profité de son statut pour établir une relation de soumission avec la première victime, baptisée Baptiste. Ce dernier, devenu danseur, avait été accueilli par Jean-Claude de Roo dans son appartement parisien. La plainte de Baptiste, déposée fin 2020, décrit une relation marquée par une forme d’emprise, l’accusé ayant promis d’introduire le jeune homme dans le milieu du spectacle.

Jean-Claude de Roo a toutefois contesté cette interprétation, affirmant avoir entretenu une relation consentie qui aurait débuté lorsque Baptiste avait presque 18 ans. Il a déclaré que la séparation avec lui en 2016 l’avait profondément affecté, au point de le mener à envisager de mettre fin à ses jours.

Une autre victime a également témoigné lors de ce procès. Martin, dont le prénom a été modifié pour des raisons de confidentialité, a décrit avoir subi des attouchements de la part de l’accusé alors qu’il était en CAP plumasserie. Cet incident s’est produit alors qu’il avait 16 ans, lors d’un entretien où M. de Roo lui avait proposé un projet de mode, ce qui, selon Martin, s’est rapidement transformé en un « traquenard ».

Martin a expliqué qu’après des discussions sur le projet, l’accusé avait commencé à le toucher. Ce dernier a réussi à quitter l’atelier après cette expérience traumatisante et n’a jamais revu Jean-Claude de Roo.

Les témoignages de ces victimes s’ajoutent à un contexte où l’attirance de M. de Roo pour les jeunes hommes a été mise en lumière. En couple avec un homme de 51 ans son cadet, l’accusé a reconnu qu’il ne pouvait pas expliquer cette attirance.

Ce procès, qui se poursuit mardi, vise à établir la vérité sur des faits graves qui ont eu lieu sur plusieurs années. Jean-Claude de Roo, qui a consacré cinq décennies à la création des costumes du Lido, doit maintenant faire face à la justice pour répondre de ses actes.