Le lundi 30 octobre 2023, l’armée israélienne a annoncé la suspension d’un bataillon de réserve suite à l’agression d’une équipe de journalistes de la chaîne américaine CNN en Cisjordanie occupée. Cet incident s’est produit alors que des journalistes couvraient les conséquences d’une attaque de colons et l’installation d’un avant-poste près du village palestinien de Tayasir, situé au nord-est de la Cisjordanie.
EN BREF
- L’armée israélienne suspend un bataillon de réserve après l’agression de journalistes de CNN.
- Les journalistes clairement identifiés ont été menacés et détenus pendant deux heures.
- La situation des journalistes en Cisjordanie s’est aggravée depuis le début du conflit à Gaza.
Jeudi dernier, alors que l’équipe de CNN était sur le terrain, elle a été prise pour cible par des soldats israéliens. Selon l’Association de la presse étrangère (FPA), les journalistes, en plus de se présenter de manière claire, ont été menacés par des soldats qui leur ont ordonné d’arrêter leur tournage. La tension a rapidement escaladé lorsqu’un soldat a saisi à la gorge un photoreporter et l’a projeté au sol, endommageant ainsi son matériel.
Les membres de l’équipe, ainsi que des civils palestiniens, ont été retenus pendant environ deux heures, ce qui a été qualifié par la FPA d’« attaque directe » à la liberté de la presse. Dans un communiqué, le lieutenant-colonel Nadav Shoshani, porte-parole international de l’armée israélienne, a affirmé qu’une enquête serait ouverte pour examiner les circonstances de cet incident. Il a également précisé que de tels actes ne reflètent pas les valeurs de l’armée israélienne.
Suite à cette enquête, l’armée a décidé de suspendre le déploiement opérationnel du bataillon de réserve concerné. Ce dernier continuera d’exister en tant que force de réserve, mais devra suivre un processus de renforcement de ses fondements professionnels et éthiques avant de pouvoir reprendre ses activités opérationnelles. La reprise des opérations dépendra de la décision du commandant du Commandement central.
Il est à noter que la situation des journalistes en Cisjordanie, un territoire occupé par Israël depuis 1967, est devenue de plus en plus préoccupante. De nombreuses organisations de défense des droits humains ont signalé des cas de détention, de harcèlement et d’agressions contre les journalistes, avec une nette augmentation de ces actes depuis le début de la guerre dans la bande de Gaza. Selon le Comité pour la protection des journalistes (CPJ), au moins 60 journalistes palestiniens ont été détenus ou emprisonnés par les forces israéliennes depuis le 7 octobre 2023.
Bien que les journalistes étrangers soient souvent moins exposés à de telles violences, ils subissent également des intimidations, notamment lorsque des soldats pointent leurs armes en leur direction lors de reportages ou aux points de contrôle. Le CPJ a rapporté qu’Israël figure parmi les pays les plus répressifs à l’égard des journalistes, avec un nombre croissant d’arrestations et d’emprisonnements depuis 2023.
Ce climat de tension et d’incertitude met en lumière les défis auxquels sont confrontés les journalistes qui cherchent à rapporter des faits en temps de conflit. L’agression récente d’une équipe de CNN souligne la nécessité d’une protection accrue pour les journalistes, afin qu’ils puissent exercer leur métier sans crainte de représailles.