À New Delhi, un nouveau phénomène musical fait sensation : le « bhajan clubbing ». Ce mélange de chants spirituels hindous et d’ambiances festives séduit de plus en plus de jeunes, transformant les soirées en véritables célébrations de dévotion. Les rythmes entraînants des « bhajans » résonnent désormais dans les cafés et lors de concerts géants, attirant des milliers de participants.
EN BREF
- Le « bhajan clubbing » attire de nombreux jeunes à New Delhi.
- Des concerts géants de chants hindous attirent des milliers de participants.
- Ce mouvement spirituel se propage même au Népal.
Le 1er mars 2026, au fort historique de Purana Qila, un concert a rassemblé environ 7.000 personnes, créant une ambiance festive rappelant celle d’une rave party. Les jeunes, tels que Aishwarya Gupta, physicienne nucléaire de 31 ans, témoigne de l’énergie spirituelle qui émane de ces événements. « C’est si bon d’être là », s’exclame-t-elle, les signes religieux peints sur son visage.
Ce phénomène s’inscrit dans un contexte plus large, où l’ultranationalisme hindou, renforcé par le gouvernement de Narendra Modi, s’affirme dans la société indienne. Le Premier ministre, qui a pris les rênes du pays en 2014, a apporté son soutien à ce mouvement, soulignant son importance pour l’identité culturelle et spirituelle du pays.
Une alternative festive et spirituelle
Le « bhajan clubbing » se veut une alternative à la vie nocturne traditionnelle, souvent associée à la consommation d’alcool. Les organisateurs, comme celui du festival au fort de Purana Qila, mettent en avant un cadre festif exempt de boissons alcoolisées. « Nous voulons des jeunes pleins de spiritualité, et non pas pleins de spiritueux », affirme-t-il.
Les participants, tels que Kumar Shubham, un influenceur de 27 ans, décrivent cette expérience comme reposante et revitalisante. « C’est un moyen de se reconnecter avec quelque chose de plus grand », explique-t-il. Jay Ahuja, un commerçant de 28 ans, ajoute que ces événements montrent aux jeunes un chemin vers la spiritualité, en contraste avec une génération souvent détachée des traditions religieuses.
Une tendance qui dépasse les frontières
Le mouvement du « bhajan clubbing » ne se limite pas à l’Inde. Au Népal, des événements similaires attirent également des foules, comme l’atteste un concert qui a réuni plus de 3.000 participants en février. Abhishek Adhikari, coorganisateur de ces événements, souligne que l’objectif est de faire découvrir les « bhajans » à un public jeune, en les incitant à entamer leur propre voyage spirituel.
Des figures influentes, comme Ratnadeep Lal, notent que ce phénomène rappelle les concerts de stars internationales, tout en mettant en avant une dimension spirituelle. « Ces événements rassemblent la future génération autour de la musique spirituelle, et j’adore ça », déclare-t-il.
Alors que le « bhajan clubbing » continue de gagner en popularité, il soulève des questions sur l’évolution de la spiritualité en Inde et sur la manière dont les jeunes intègrent leurs traditions dans un monde moderne et en constante évolution.