La tendance des animaux exotiques en Chine suscite des inquiétudes sur leur bien-être

À Pékin, le salon dédié aux animaux de compagnie a attiré des milliers de visiteurs, témoignant d’un engouement grandissant pour les animaux exotiques. Un phénomène qui interroge les experts sur le bien-être de ces animaux souvent acquis sans considération de leurs besoins spécifiques.

EN BREF

  • Le marché des animaux de compagnie atypiques en Chine pèse 10 milliards de yuans.
  • Les conditions de vie des animaux exotiques suscitent des inquiétudes parmi les associations de protection.
  • Une réglementation floue favorise des pratiques douteuses dans le secteur.

Les allées du salon animalier sont animées par des visiteurs fascinés par des espèces peu communes. Parmi eux, un jeune homme de 18 ans, Xiong, vient d’adopter un suricate, un animal qui attire l’attention grâce à sa popularité dans la culture populaire, notamment dans le film Le Roi lion. Il exprime sa satisfaction, affirmant que l’élevage d’animaux exotiques est plus simple que celui de chiens ou de chats.

La tendance à posséder des animaux de compagnie atypiques connaît un essor considérable en Chine. Selon des chiffres récents, environ 17 millions de Chinois possèdent un animal exotique, générant un marché de 1,25 milliard d’euros. Les jeunes, en particulier, partagent sur les réseaux sociaux des conseils sur l’entretien de ces animaux, renforçant leur attrait.

Lors du salon, les visiteurs peuvent observer une myriade d’animaux, allant des serpents aux geckos. Yang Xurui, 24 ans, témoigne de sa relation avec son serpent vert, qu’il considère comme une amie. Il souligne qu’il souhaite changer la perception négative associée aux serpents, qu’il trouve apaisants.

Cependant, cette montée en popularité des animaux exotiques s’accompagne de préoccupations croissantes. Les associations de protection animale signalent que la facilité d’acquisition de ces animaux et le manque de lois adéquates sur leur bien-être ouvrent la voie à des abus. Peter Li, un expert en politiques de protection animale, met en garde contre les dangers liés à la reproduction non contrôlée de ces espèces dans la nature, menaçant ainsi les écosystèmes locaux.

Le ministère de la Sécurité d’État a également exprimé ses préoccupations concernant cette « quête d’originalité » excessive. Il souligne que le commerce, l’élevage et les soins médicaux des animaux exotiques comportent des risques en matière de sécurité et de biosécurité. Le manque de réglementation permet à des entreprises de contourner les normes, compromettant la sécurité des animaux et des humains.

Les clients, bien que de plus en plus sensibilisés à la protection de la faune, manquent souvent d’informations cruciales sur les espèces qu’ils envisagent d’adopter. L’association WWF rappelle que beaucoup ne connaissent pas les lois sur la possession d’animaux exotiques ni les coûts associés à leur entretien à long terme.

Au salon, Zhang Yue, 26 ans, admet que la présence d’animaux exotiques en milieu urbain pourrait avoir des répercussions sur l’écosystème. Néanmoins, elle envisage d’acheter un phalanger volant, attirée par leur apparence mignonne. Ce paradoxe souligne l’attrait persistant pour ces animaux malgré les avertissements des experts.

Dans un contexte où la réglementation est encore embryonnaire, il est essentiel d’élever la sensibilisation du public sur les besoins des animaux exotiques. La passion pour ces compagnons insolites doit s’accompagner d’une responsabilité accrue pour garantir leur bien-être et la protection des écosystèmes locaux.