La Finul en péril : tensions croissantes au Liban après la mort de Casques bleus

Le climat d’insécurité au Liban s’intensifie. Ce mardi 31 mars, le Conseil de sécurité de l’ONU se réunit en urgence sur demande de la France, suite à la mort tragique de plusieurs Casques bleus indonésiens. Ces soldats, faisant partie de la Force intérimaire des Nations Unies au Liban (Finul), sont déployés dans une région marquée par des tensions persistantes, exacerbées par l’incursion terrestre israélienne.

EN BREF

  • La France demande une réunion d’urgence du Conseil de sécurité de l’ONU.
  • Des Casques bleus ont été tués dans des explosions dans le sud du Liban.
  • La mission de la Finul est en danger, avec des menaces croissantes et des attaques répétées.

Un premier Casque bleu a perdu la vie dimanche dernier, victime d’un projectile d’origine inconnue près d’Adchit Al Qusayr. Un autre soldat a été grièvement blessé. Lundi, deux autres soldats ont été tués dans une explosion ayant détruit leur véhicule près de Bani Hayyan, à la frontière. L’ONU a ouvert des enquêtes pour déterminer les circonstances de ces incidents tragiques.

Rôle historique de la Finul

La Finul a été déployée en 1978, dans le cadre de la résolution de l’ONU visant à rétablir la paix et la sécurité internationales après l’invasion israélienne du Liban. Sa mission initiale était d’aider le gouvernement libanais à renforcer son autorité dans le sud du pays. Depuis, la situation s’est compliquée avec l’émergence de groupes armés, dont le Hezbollah, et des conflits récurrents.

En 2000, après 22 ans d’occupation, Israël se retire du sud du Liban. L’ONU établit alors la ligne bleue, une frontière non officielle surveillée par les Casques bleus, qui continuent de travailler dans un environnement instable. En 2006, un nouveau conflit éclate, entraînant l’adoption de la résolution 1701, qui impose des missions supplémentaires à la Finul, notamment le contrôle de la cessation des hostilités et le soutien aux forces libanaises.

Escalade des tensions en 2023

Depuis l’attaque du Hamas contre Israël, la situation est devenue encore plus volatile. Israël a intensifié ses opérations contre le Hezbollah, menaçant de s’étendre plus profondément dans le territoire libanais. Le ministre israélien de la Défense, Israël Katz, a déclaré que Tsahal pourrait établir une zone de sécurité au Liban, accentuant ainsi l’inquiétude parmi les troupes de la Finul.

Les Casques bleus sont désormais la cible de violences accrues. Le 6 mars dernier, trois soldats ghanéens ont été blessés lors d’une attaque sur leur base. Des obus israéliens ont également touché le quartier général du bataillon népalais. De plus, des soldats français ont rapporté avoir été intimidés par des militaires israéliens, une situation dénoncée par le ministre des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot.

La mort récente de trois soldats indonésiens a porté le total à 342 soldats décédés dans le cadre de la Finul, faisant de cette mission la plus meurtrière de l’histoire des opérations de maintien de la paix de l’ONU. Actuellement, environ 8 200 personnes sont déployées au Liban dans le cadre de cette opération, avec la France contribuant à hauteur de 605 soldats.

Avenir incertain pour la Finul

Malgré le renouvellement annuel de la mission par le Conseil de sécurité de l’ONU, des pressions croissantes, notamment de la part des États-Unis et d’Israël, remettent en question l’avenir de la Finul. En août 2025, l’ONU a voté à l’unanimité pour mettre fin à cette mission d’ici la fin de l’année, laissant à la Finul un délai d’un an pour quitter le pays. Le général François Chauvancy a souligné que la Finul n’a pas produit les résultats escomptés, remettant en question son efficacité après près de 50 ans de présence.

Dans ce contexte de tensions et d’incertitude, l’avenir de la Finul semble compromis. Les Casques bleus, qui sont censés jouer un rôle stabilisateur dans une région tumultueuse, se retrouvent désormais piégés au milieu de conflits armés, leur sécurité et leur mission menacées. La communauté internationale doit réfléchir à une stratégie viable pour garantir la paix et la sécurité au Liban, tout en protégeant ceux qui sont sur le terrain.