Le scénario envisagé par Donald Trump concernant l’Iran suscite de vives inquiétudes parmi les experts. Selon des révélations du Wall Street Journal, le président américain envisagerait de mettre un terme à l’opération militaire des États-Unis contre l’Iran, et ce, sans garantir la réouverture du détroit d’Ormuz, bloqué par Téhéran en représailles des frappes israélo-américaines sur son territoire.
EN BREF
- Trump pourrait stopper l’opération militaire contre l’Iran malgré le blocage du détroit d’Ormuz.
- Les experts jugent cette décision « irresponsable » pour l’économie mondiale et la sécurité nationale.
- Les États-Unis pourraient faire pression sur leurs alliés pour gérer la situation si la diplomatie échoue.
Le blocage du détroit d’Ormuz a des conséquences majeures sur les marchés internationaux, en particulier dans le secteur des hydrocarbures. Depuis le 28 février, ce passage stratégique est sous tension, et la réaction de Trump, oscillant entre menaces d’« anéantissement » des infrastructures iraniennes et désengagement, laisse perplexe les analystes. D’après le Wall Street Journal, la Maison Blanche favoriserait un scénario où les États-Unis se retireraient d’un conflit qui pourrait perdurer au-delà du délai de quatre à six semaines fixé par Trump.
Les raisons avancées pour justifier ce retrait incluent la volonté de se concentrer sur la paralysie des capacités militaires iraniennes, tout en incitant Téhéran à négocier. Toutefois, si les efforts diplomatiques échouent, l’administration américaine pourrait pousser ses alliés européens et du Golfe à prendre les rênes de l’opération de réouverture du détroit.
Les experts s’accordent à dire que le détroit d’Ormuz revêt une importance cruciale pour l’économie mondiale. Suzanne Maloney, vice-présidente de la Brookings Institution, souligne que les répercussions économiques du blocage se font déjà sentir et pourraient s’aggraver considérablement. « Les marchés de l’énergie sont globaux par essence », insiste-t-elle, contestent l’analyse de la Maison Blanche qui minimise l’impact du blocage sur les États-Unis.
Mark Dubowitz, directeur de la Foundation for Defense of Democracies, va dans ce sens en affirmant que la sécurité nationale des États-Unis est directement liée à la situation dans le détroit. Il prévient que considérer le détroit d’Ormuz comme moins crucial serait une véritable erreur.
Pour sa part, Rosemary Kelanic, directrice du programme Moyen-Orient à Defense Priorities, adopte une approche plus nuancée. Elle reconnaît que bien que mettre fin à la guerre puisse sembler regrettable, il s’agit peut-être du moindre mal face à des options plus catastrophiques. Cependant, elle souligne qu’un retrait rapide ne garantit pas la réouverture du détroit.
Cette analyse est fortement contestée par Ulrich Bounat, analyste géopolitique, qui avertit qu’un retrait américain pourrait renforcer le pouvoir de chantage de l’Iran dans la région. Il décrit un tel scénario comme « le pire possible » pour le peuple iranien et pour la stabilité régionale, soulignant que cela pourrait laisser un régime iranien affaibli, mais toujours capable de répression.
La situation actuelle au Moyen-Orient soulève donc des questions cruciales sur la stratégie américaine et ses répercussions à long terme sur la sécurité et l’économie mondiale. Alors que le monde surveille de près les développements, il est clair que les choix de l’administration Trump pourraient avoir des conséquences profondes et durables.