Avec l’arrivée du printemps, de nombreux Français se lancent dans la cueillette des morilles, champignons prisés pour leur goût et leur prix élevé. Cependant, cette activité apparemment innocente cache des risques juridiques qui peuvent s’avérer coûteux. En effet, la législation encadrant la cueillette de champignons est stricte et les contrevenants peuvent faire face à des amendes sévères.
EN BREF
- Plus de 3 millions de Français cueillent des morilles, une pratique en forte hausse.
- Des amendes pouvant atteindre 750 € voire des peines de prison pour les cueillettes excessives.
- Des jours de cueillette sont interdits par arrêté préfectoral dans certaines régions.
Ce dimanche, les forêts sont envahies par des familles venues remplir leurs paniers de morilles, mais derrière cette image idyllique se cache une réalité bien plus complexe. En effet, le Code forestier impose des limites strictes sur la quantité de champignons pouvant être prélevés. Si vous dépassez ces seuils, vous risquez de vous retrouver face à des amendes substantielles.
La morille, champignon particulièrement recherché, attire une foule de cueilleurs. Depuis 2020, le nombre de personnes s’adonnant à cette pratique a augmenté de 40 %. Toutefois, cette popularité a conduit à une recrudescence des intoxications, avec plus de 2 000 cas enregistrés en 2023. Face à ce constat, les contrôles par les agents de l’Office national des forêts (ONF) et les gendarmes se sont intensifiés, notamment les week-ends.
Les règles de la cueillette en forêt
Avant de partir à la recherche de morilles, il est primordial de connaître la réglementation en vigueur. En forêt privée, toute cueillette sans autorisation est considérée comme un vol. En revanche, en forêt domaniale ou communale, la cueillette « familiale » est tolérée, mais des limites s’appliquent. Ainsi, chaque personne peut prélever jusqu’à 5 litres par jour, soit environ 3 kilos de morilles, sans risquer d’encourir des sanctions.
En cas d’infraction, la loi stipule que tout prélèvement sans autorisation de plus de 10 litres en forêt d’autrui constitue une contravention de 4e classe, entraînant une amende forfaitaire de 135 €. Toutefois, si le volume dépasse ce seuil, la situation se complique : la cueillette est alors assimilée à un vol, punie de jusqu’à 3 ans de prison et 45 000 € d’amende. Cela est d’autant plus vrai si plusieurs paniers sont retrouvés dans le véhicule des contrevenants.
Les pièges à éviter lors de la cueillette
Pour éviter les mauvaises surprises, il est conseillé de se limiter à la cueillette en forêt publique et de respecter les quotas autorisés. Un moyen astucieux pour s’assurer de ne pas dépasser la limite est de vérifier la contenance de son panier en utilisant une carafe graduée. Cela permet de visualiser facilement le seuil de 5 litres à ne pas dépasser.
Un autre aspect souvent négligé concerne les jours de cueillette. Certaines régions, comme l’Orne, la Manche ou le Calvados, interdisent la cueillette les mardis et jeudis, même s’ils sont fériés. D’autres zones peuvent réserver des weekends à la chasse, rendant la cueillette impossible à ces moments-là. Avant de partir, il est donc sage de consulter les arrêtés préfectoraux en vigueur.
Pour une sortie de cueillette réussie, privilégiez un panier ajouré d’environ 5 litres et évitez les sacs en plastique. En outre, un comportement respectueux et une attention aux détails peuvent non seulement vous éviter des ennuis, mais aussi rassurer les agents de l’ONF lors de leurs contrôles.
En résumé, la cueillette de morilles peut être une activité agréable et enrichissante, à condition de respecter la législation en vigueur. En restant vigilant et en vous informant, vous pourrez profiter pleinement de cette tradition printanière sans craindre les sanctions.