Le périphérique parisien s’apprête à connaître une métamorphose sans précédent, selon les ambitions d’Emmanuel Grégoire, le nouveau maire de Paris. Élu lors des dernières élections municipales, il souhaite, en collaboration avec les écologistes, transformer cet axe routier emblématique en un espace plus convivial. Parmi les mesures phares, l’abaissement de la vitesse à 30 km/h sur certains tronçons et l’ouverture de l’axe aux cyclistes et piétons sont envisagés.
EN BREF
- Le périphérique parisien pourrait voir sa vitesse limitée à 30 km/h.
- Des passages pour cyclistes et piétons sont prévus dans le projet.
- Le budget nécessaire à ces transformations pourrait atteindre plusieurs millions d’euros.
David Belliard, tête de liste écologiste à Paris, a décrit le boulevard périphérique comme une « frontière sanitaire qui sépare, fracture et rend malade ». Avec cette nouvelle vision, la gauche vise à réduire la place de la voiture dans la capitale et à améliorer la qualité de vie des Parisiens. Le projet, qui se veut ambitieux, prévoit également la suppression de certaines voies de circulation pour aménager des passages piétons et des espaces dédiés aux déplacements doux.
Le calendrier de mise en œuvre reste flou, mais l’année 2032 pourrait marquer le début des grandes transformations. La porte de Gentilly serait le premier secteur à expérimenter ces changements, avec des travaux estimés entre 10 et 15 millions d’euros. Bien que la généralisation de la limitation à 30 km/h ne soit pas encore actée, des discussions sont en cours pour l’appliquer sur des tronçons spécifiques, notamment ceux les plus fréquentés.
Emmanuel Grégoire affiche une volonté claire d’améliorer la circulation et d’accroître la sécurité routière. Ce projet s’inscrit dans la continuité des actions menées par l’ancienne maire, Anne Hidalgo, qui avait déjà abaissé la vitesse à 50 km/h et développé de nombreuses pistes cyclables. Les justifications avancées pour ces évolutions restent similaires : réduire le trafic, améliorer la qualité de l’air et diminuer les nuisances sonores qui touchent de nombreux habitants.
Les résultats des précédentes mesures sont encourageants. En effet, le passage à 50 km/h a contribué à diviser par deux les nuisances sonores nocturnes et a permis une baisse de 17 % des accidents. Des études montrent également que la pollution de l’air a été réduite, avec des économies de 61 milliards d’euros en coûts de santé évités. La pollution sonore, qui touche près de 500 000 Parisiens, reste un enjeu majeur, coûtant chaque année 42,6 milliards d’euros à la collectivité.
Le projet de transformation du périphérique parisien ne se limite pas à la porte de Gentilly. À long terme, il vise à redessiner toutes les portes de la capitale, qui seront renommées « Places du Grand Paris ». Toutefois, ces ambitions nécessitent un investissement considérable, avec des budgets pouvant atteindre plusieurs centaines de millions d’euros. Cette situation soulève des interrogations sur la viabilité financière du projet alors que les finances de la ville sont déjà mises à rude épreuve.
Avec l’élection d’Emmanuel Grégoire, les discussions sur ces transformations peuvent débuter. Toutefois, l’opposition demeure sceptique. Sarah Knafo, qui a échoué à se maintenir au second tour, prônait un retour à une vitesse de 80 km/h, tandis que Rachida Dati n’a pas pris position sur la question. La route vers une mobilité durable à Paris semble semée d’embûches, mais le nouveau maire est déterminé à poursuivre cette vision.