Ce mercredi 1er avril, la célèbre actrice Isabelle Adjani a comparu devant la cour d’appel de Paris pour répondre à des accusations de fraude fiscale. Loin de se présenter comme la coupable d’un délit, elle s’est décrite comme une victime, expliquant qu’elle avait « la phobie des papiers » et qu’elle n’avait jamais rempli de déclaration de revenus.
EN BREF
- Isabelle Adjani est jugée pour fraude fiscale, se déclarant victime d’escroqueries.
- L’actrice évoque une phobie des documents et une gestion déléguée de ses finances.
- Elle conteste les accusations de dissimulation de donation et plaide son innocence.
Âgée de 70 ans, Isabelle Adjani a déjà été condamnée en 2023 à une peine de deux ans d’emprisonnement avec sursis et à une amende de 250 000 euros pour avoir prétendument domicilié ses affaires au Portugal entre 2016 et 2017, tout en dissimulant une donation en prêt en 2013. À la barre, elle a insisté sur le fait qu’elle n’avait jamais eu l’intention de frauder et qu’elle avait simplement fait confiance à ses conseillers fiscaux.
« Je vais être honnête, je n’ai jamais rempli une fiche d’impôt. Et heureusement, car ça aurait été désastreux », a-t-elle déclaré avec émotion. Adjani a affirmé avoir confié la gestion de ses affaires à des professionnels dans le but de respecter la loi, mais elle a également mis en avant des situations personnelles difficiles, notamment une relation tumultueuse avec son ancien compagnon, le médecin Stéphane Delajoux, qu’elle a accusé d’avoir abusé de sa confiance.
La présidente de la cour, Pascaline Chamboncel-Saligue, a pris note de l’incapacité d’Adjani à évaluer le montant de ses impôts, estimés à environ 455 000 euros pour 2023. Elle a résumé la situation en déclarant : « Vous avez d’autres priorités que le financier ». Visiblement affectée, l’actrice a acquiescé, se qualifiant de « proie idéale ». Elle a également souligné sa méfiance envers son conseiller fiscal, affirmant qu’elle n’avait pas su apprécier ses compétences.
Les avocats de la Direction générale des finances publiques (DGFiP) ont soutenu que l’artiste ne pouvait pas prétendre ignorer ses obligations fiscales. Ralph Boussier, l’un des avocats, a affirmé que toute la vie fiscale d’Adjani était un « habillage permanent », ajoutant que ses finances étaient entachées de dettes et de donations douteuses. Il a mis en lumière un versement de deux millions d’euros par un homme d’affaires, Mamadou Diagna Ndiaye, que l’actrice a nié avoir voulu cacher pour éviter des droits de mutation.
A l’audience, Adjani a réaffirmé son intention de rembourser ce montant, déclarant : « Je le rembourserai jusqu’au dernier centime ». Elle a insisté sur le fait qu’elle n’avait jamais eu l’intention de contourner la loi, expliquant qu’elle n’avait ni l’intelligence ni l’intérêt de se retrouver dans une situation illégale. L’audience se poursuivra demain après-midi avec les réquisitions de l’avocat général et les plaidoiries de la défense.
Cette affaire, qui suscite un vif intérêt médiatique, met en lumière non seulement des problématiques fiscales, mais aussi la complexité des relations personnelles et professionnelles d’Adjani. La suite du procès sera scrutée avec attention, tant pour les enjeux juridiques que pour l’image de cette icône du cinéma français.