Arnaud Rousseau : seul candidat à la présidence de la FNSEA après un mandat mouvementé

Arnaud Rousseau, céréalier de 52 ans, est le seul candidat déclaré pour succéder à lui-même à la tête de la Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles (FNSEA). Sa candidature intervient dans un contexte particulièrement délicat pour l’agriculture française, marquée par des crises successives durant son premier mandat. Face à ses détracteurs qui le qualifient d' »agrobusinessman », il défend sa vision d’un syndicalisme ancré dans la réalité économique.

EN BREF

  • Arnaud Rousseau est le seul candidat à la présidence de la FNSEA.
  • Il a subi des critiques pour son éloignement des réalités des agriculteurs.
  • Son mandat a été marqué par des crises dans le secteur agricole et une perte de majorité en 2025.

Lors de son premier mandat de trois ans, Arnaud Rousseau a dirigé la FNSEA à travers des crises sans précédent. Répondant aux accusations d’être déconnecté des préoccupations des agriculteurs, il affirme que son approche, qui allie responsabilités économiques et syndicales, confère une cohérence à son action. Son exploitation, située en Seine-et-Marne, couvre 700 hectares, un chiffre bien supérieur à la moyenne nationale de 100 hectares pour les grandes cultures.

Diplômé d’une école de commerce parisienne, Rousseau a d’abord exercé dans le courtage agricole avant de reprendre l’exploitation familiale en 2002. Maire de Trocy-en-Multien depuis 2014, il a été réélu sans opposant, portant un projet qui semble en résonance avec les attentes de ses concitoyens.

Sous sa direction, la FNSEA a perdu en 2025 pour la première fois la majorité absolue lors des élections professionnelles. Bien que le syndicat ait conservé son emprise sur la plupart des chambres d’agriculture, cette perte de contrôle a été perçue comme un signe de mécontentement au sein des agriculteurs. La Coordination rurale, un groupe concurrent, a réussi à attirer des adhérents déçus par la FNSEA, exacerbant ainsi les tensions internes.

Interrogé sur la situation actuelle, Rousseau évoque la frustration ressentie par certains agriculteurs face à des combats jugés peu fructueux. Malgré cela, il soutient que la FNSEA demeure le principal interlocuteur de l’État, agissant comme un pôle de stabilité face aux changements de gouvernement. Il souligne également son rôle de corps intermédiaire, se félicitant des avancées obtenues via des amendements.

Les critiques n’épargnent pas Rousseau, qui s’est retrouvé personnellement attaqué, notamment par les « bonnets jaunes » de la Coordination rurale. Il dénonce l’hystérisation des débats et la violence des réactions à son égard, ayant même été escorté par la police lors d’un déplacement à Agen.

Dans un contexte où les défis agricoles se multiplient, Rousseau prône une vision entrepreneuriale de l’agriculture. Il se positionne entre les extrêmes, rejetant tant la radicalité de ses concurrents que l’« écologie punitive » et les appels à la décroissance. En réponse aux attaques, il choisit de ne pas répondre sur un ton personnel, affirmant que cela ne fait pas partie de son ADN.

Sa résilience est également marquée par une anecdote personnelle : en 2010, il a survécu à une chute dans un silo, ce qui l’a poussé à marcher 1 500 km jusqu’à Saint-Jacques de Compostelle, un parcours symbolique de sa détermination.

Malgré des critiques internes, aucune candidature alternative n’est apparue au sein de la FNSEA, laissant Arnaud Rousseau dans une position unique pour poursuivre son action syndicale.