Sud Ouest : 50 départs envisagés pour économiser 4,5 millions d’euros

Le quotidien régional Sud Ouest, déjà affaibli par une réduction de ses effectifs en 2024, prévoit de nouvelles économies qui pourraient entraîner jusqu’à 50 départs. Cette décision, annoncée par la direction, vise à économiser 4,5 millions d’euros sur trois ans, suscitant des inquiétudes parmi les syndicats.

EN BREF

  • Sud Ouest prévoit 50 départs pour réaliser 4,5 millions d’euros d’économies.
  • La direction vise à réduire ses coûts sans départs contraints.
  • Les syndicats dénoncent des suppressions de postes inéquitables.

Cette annonce survient après la suppression de 81 postes l’année précédente, un événement qui avait déjà marqué les esprits au sein de la rédaction. La direction a précisé que ces 50 départs seraient réalisés par le biais de départs naturels, de non-renouvellements de contrats à durée déterminée (CDD) et de réorganisation des services. Cela ne devrait pas impliquer de licenciements contraints, une mesure qui a été accueillie avec soulagement par certains employés.

Un représentant de la direction a déclaré à l’AFP que l’objectif était d’« anticiper les sujets et d’adapter les organisations à la réalité du marché ». En effet, la diffusion quotidienne de Sud Ouest a chuté, atteignant désormais 115 000 exemplaires, soit une baisse de 10 000 à 12 000 exemplaires par an. Cette chute est attribuée à la baisse structurelle des ventes de journaux papier.

Les syndicats, notamment le Syndicat national des journalistes (SNJ) et le Syndicat des ouvriers de l’imprimerie (SOM-CGT), ont exprimé leurs préoccupations face à cette situation. Selon leurs communiqués, la répartition des efforts financiers n’est pas équitable, certains postes étant plus menacés que d’autres. Le SNJ a ainsi souligné que la rédaction ne devait pas être la variable d’ajustement pour des économies.

En effet, les suppressions de postes toucheraient principalement les services techniques, avec 38 postes concernés, dont 28 à l’imprimerie, ce qui entraînerait la fermeture d’une des trois rotatives. Par ailleurs, la direction a également prévu la suppression de 7 jours de RTT pour tous les salariés et a annoncé que le travail serait requis le lundi de Pentecôte.

Face à cette situation, le syndicat SOM-CGT, majoritaire à l’imprimerie, a appelé à la grève, ce qui a conduit à l’absence de parution des journaux du groupe mercredi. Les syndicats reconnaissent la nécessité de faire des économies, mais ils contestent les modalités retenues et l’accent mis sur certaines catégories de postes.

Ce plan est présenté comme le quatrième en onze ans, suivant des mesures similaires qui avaient déjà conduit à des départs importants, notamment 22 journalistes en 2024. La Sapeso, société éditrice de Sud Ouest, a enregistré une perte d’exploitation de 3,16 millions d’euros l’année dernière, ce qui accentue la pression sur la direction pour trouver des solutions viables.

Dans un contexte où le secteur de la presse régionale est en pleine mutation, la question de l’avenir de Sud Ouest et de ses employés reste au cœur des préoccupations. Les syndicats continuent de se battre pour une répartition plus équitable des efforts et des conditions de travail dignes, alors que la direction tente de naviguer dans un marché de plus en plus difficile.