Le 2 avril 2023, le Haut conseil à l’égalité (HCE) a exprimé sa volonté de voir le parquet national antiterroriste (Pnat) saisi dans l’affaire Cédric Prizzon, un double féminicide qui soulève de vives inquiétudes quant à la menace masculiniste en France. Ce cas est considéré comme un « électrochoc » nécessaire pour aborder la question de la violence à l’égard des femmes.
EN BREF
- Cédric Prizzon est suspecté d’avoir tué son ex-conjointe et sa compagne actuelle.
- Le HCE demande une réponse publique face à la menace masculiniste.
- Une pétition pour saisir le Pnat a déjà recueilli plus de 10 000 signatures.
Cédric Prizzon, ancien policier de 42 ans, a été interpellé le 25 mars au Portugal, alors qu’il se trouvait avec ses deux enfants, un garçon de 12 ans et une fillette d’un an et demi. Les accusations portées contre lui sont graves : il est soupçonné d’avoir tué deux femmes, son ex-conjointe puis sa compagne actuelle, mettant ainsi en lumière une problématique alarmante.
Dans un communiqué, Bérangère Couillard, présidente du HCE, a souligné l’urgence de cette affaire, affirmant que « cette affaire doit être un électrochoc pour comprendre la menace masculiniste et les dangers qu’elle fait peser sur les femmes dans notre pays ». Elle a également précisé que la diffusion d’une idéologie de haine à l’égard des femmes ne peut plus être considérée comme un phénomène marginal, mais doit être regardée comme un enjeu de sécurité publique.
Le HCE a relevé que Prizzon était lié à des réseaux et discours associés au mouvement des « droits des pères », qui se positionne comme un mouvement masculiniste structuré. Ces groupes, souvent actifs sur les réseaux sociaux, accusent les femmes d’être responsables des injustices vécues par les hommes, particulièrement en ce qui concerne la garde d’enfants. Cette idéologie, qui banalise la violence, nécessite une réponse institutionnelle appropriée.
À cet égard, le HCE a exprimé son soutien à la mobilisation citoyenne qui appelle à la saisine du Pnat dans cette affaire. Une pétition lancée par l’association Mouv’enfants, qui demande précisément cette saisine, a déjà recueilli plus de 10 000 signatures, montrant ainsi l’ampleur de la préoccupation publique. Cette initiative a été relayée par plusieurs organisations, dont Osez le féminisme.
Le HCE a également souligné que dans son rapport annuel sur l’état du sexisme en France publié en janvier, il avait déjà mis en avant la nécessité de reconnaître le masculinisme comme un enjeu de sécurité publique. Ce rapport avait évoqué des cas précédents, notamment un incident en juillet 2025, où le Pnat avait mis en examen un lycéen se revendiquant « incel », une mouvance masculiniste, pour avoir projeté d’attaquer des femmes. Ce précédent souligne l’urgence d’une stratégie de lutte contre ces mouvements néfastes.
La situation actuelle ne fait que renforcer l’idée que la lutte contre les violences faites aux femmes doit être une priorité nationale. Le HCE appelle à une mobilisation collective pour faire face à la menace croissante des idéologies masculinistes, qui mettent en péril la sécurité et l’égalité des femmes dans notre société.