Le 2 avril 2026, une réunion virtuelle a rassemblé les représentants d’une quarantaine de pays, réunis sous la présidence de la ministre britannique des Affaires étrangères, Yvette Cooper. Ces derniers ont exigé la « réouverture immédiate et inconditionnelle » du détroit d’Ormuz, tout en menaçant l’Iran de sanctions si cette demande n’était pas satisfaite.
EN BREF
- Quarante pays demandent la réouverture immédiate du détroit d’Ormuz.
- Des sanctions pourraient être imposées à l’Iran si la situation perdure.
- La fermeture du détroit affecte gravement l’économie mondiale.
Lors de cette réunion, Yvette Cooper a exprimé ses inquiétudes concernant les actions de l’Iran dans le détroit d’Ormuz, affirmant que le pays « tente de prendre en otage l’économie mondiale ». Elle a souligné l’importance du respect des principes de la liberté de navigation et du droit de la mer, des éléments cruciaux pour le commerce maritime international.
Les participants ont convenu d’explorer des mesures économiques et politiques coordonnées pour renforcer la pression sur l’Iran si le détroit restait fermé. Ce passage maritime est vital, car il représente un point de transit pour environ un cinquième de la production mondiale de pétrole, ainsi que pour d’autres ressources essentielles telles que le gaz naturel liquéfié et les engrais. La quasi-paralysie du détroit a déjà provoqué une hausse significative des prix des hydrocarbures, impactant ainsi l’économie mondiale.
Cooper a qualifié le blocage du détroit d’Ormuz de « menace directe pour la prospérité mondiale ». En outre, les pays ont décidé d’intensifier leur pression diplomatique sur Téhéran. Cependant, la question d’une sécurisation militaire du détroit n’a pas encore été abordée. Le président américain, Donald Trump, a récemment exhorté les nations dépendantes du transport maritime à agir pour débloquer la situation, déclarant : « Allez au détroit, emparez-vous-en, protégez-le ».
Trump a également évoqué la possibilité d’un cessez-le-feu avec l’Iran, à condition que le détroit soit accessible. En réponse, les Gardiens de la Révolution, l’armée idéologique de la République islamique, ont affirmé que le détroit resterait fermé aux « ennemis » de l’Iran.
Du côté européen, le président français Emmanuel Macron a jugé qu’une intervention militaire pour « libérer » le détroit serait « irréaliste » et comporterait d’importants risques. Les pays du Golfe ont également appelé à un feu vert de l’ONU pour une éventuelle action militaire visant à débloquer le détroit.
Les discussions autour de la sécurisation du détroit d’Ormuz ne pourront avoir lieu qu’après la fin des hostilités. Un porte-parole du ministère français des Affaires étrangères a réaffirmé que toute mission dans cette zone ne serait envisageable qu’une fois la situation stabilisée.
La semaine prochaine, Londres accueillera une réunion des « planificateurs militaires » des pays concernés pour examiner les options de sécurisation du détroit d’Ormuz, une fois le conflit apaisé. Par ailleurs, l’Italie a proposé la création d’un « corridor humanitaire » sous l’égide de l’ONU pour permettre le transit d’engrais, afin d’éviter une crise alimentaire dans certaines régions, notamment en Afrique.
Actuellement, seuls quelques navires, principalement iraniens, émiratis, indiens, chinois et saoudiens, continuent de passer par le détroit. Depuis le début de mars, le nombre de navires de transport de marchandises a chuté de 93 %, avec seulement 225 navires ayant emprunté le détroit, selon des données commerciales.
Le gouvernement philippin a récemment reçu des assurances de l’Iran concernant le passage en toute sécurité des cargaisons de pétrole transportées par des navires philippins. Pendant ce temps, l’Irak a commencé à exporter son pétrole par voie terrestre via la Syrie, en raison de l’impossibilité d’utiliser les voies maritimes.
Enfin, la Chine, un partenaire commercial clé de l’Iran, a accusé les États-Unis et Israël d’être à l’origine du blocage du détroit en raison de leurs « opérations militaires illégales » contre l’Iran, ce qui complique encore davantage la situation.