La diffusion de propos jugés racistes sur CNews prend une tournure judiciaire. Le parquet de Paris a annoncé, le 2 avril, l’ouverture d’une enquête pour « injure publique » à caractère raciste visant Bally Bagayoko, le maire de Saint-Denis, une information confirmée par France Info après une première annonce de Libération.
EN BREF
- Une enquête pour injures racistes a été ouverte contre CNews.
- Bally Bagayoko, maire de Saint-Denis, a porté plainte le 1er avril.
- Des déclarations controversées ont été faites lors d’émissions les 27 et 28 mars.
Cette procédure fait suite à une plainte déposée par l’élu le 1er avril, après avoir été la cible de propos tenus lors de deux émissions diffusées sur la chaîne les 27 et 28 mars. Les investigations ont été confiées à l’Office central de lutte contre la haine en ligne, une entité spécialisée dans ce type d’affaires. Le préfet de Seine-Saint-Denis a également annoncé son intention de se constituer partie civile dans cette affaire.
Lors des émissions controversées, un intervenant, le psychologue Jean Doridot, avait fait référence à l’évolution humaine et à la structure des sociétés primitives pour appuyer ses commentaires sur le nouveau maire. Il a déclaré : « Sûrement qu’il y a un peu de ça. Maintenant, c’est important de rappeler que l’homo sapiens, nous sommes des mammifères sociaux et de la famille des grands singes. »
Une autre intervention, celle du philosophe Michel Onfray, a prolongé la controverse en évoquant une logique de « mâle dominant », qu’il a associée aux propos de Bally Bagayoko après son élection. Onfray a commenté : « Ça, c’est très tribal. On fait l’allégeance au mâle dominant. » Ces déclarations ont suscité une forte indignation et des réactions critiques de la part de plusieurs acteurs politiques.
En parallèle, la justice a également décidé d’examiner la diffusion en ligne de messages hostiles visant le maire sur le réseau social X. Le parquet a mentionné une série de publications ciblant Bally Bagayoko « en raison de la couleur de sa peau », conduisant à l’ouverture d’une enquête distincte pour « cyberharcèlement », également confiée à l’Office central de lutte contre la haine en ligne.
Les événements ont provoqué de vives réactions politiques et associatives. Plusieurs responsables de gauche et organisations antiracistes ont porté plainte auprès de l’Arcom, qui a annoncé qu’elle examinerait les passages signalés. De son côté, CNews a rejeté toute accusation de racisme, affirmant « contester formellement que de quelconques propos racistes aient été tenus » à l’antenne.
Bally Bagayoko, quant à lui, a dénoncé ce qu’il considère comme « une société de plus en plus raciste » et a appelé à la fermeture de CNews, soulignant l’importance de lutter contre les discours de haine qui peuvent avoir des conséquences néfastes sur la société.
La tournure judiciaire de cette affaire met en lumière les enjeux contemporains relatifs à la liberté d’expression et à la lutte contre le racisme dans les médias. Les résultats de l’enquête pourraient avoir des implications significatives pour les acteurs concernés et pour la perception publique de ces discours.