Le Haut Conseil à l’Égalité (HCE) a exprimé ce jeudi 2 avril son souhait de voir le parquet national antiterroriste (Pnat) saisi concernant l’affaire Cédric Prizzon. Ce dernier est soupçonné d’avoir commis un double féminicide, et le HCE estime que cette situation doit servir de « électrochoc » face à la menace masculiniste qui pèse sur les femmes en France.
EN BREF
- Cédric Prizzon, ancien policier, est accusé d’avoir tué son ex-conjointe et sa compagne actuelle.
- Le HCE demande la saisine du Pnat pour traiter cette affaire comme un acte terroriste.
- Une pétition a recueilli plus de 10 000 signatures pour soutenir cette initiative.
Cédric Prizzon, âgé de 42 ans, a été interpellé le 25 mars au Portugal avec ses deux enfants, un garçon de 12 ans et une fillette d’un an et demi. Cet ancien policier a, par le passé, participé à des manifestations aux côtés d’autres pères ayant perdu leurs droits de garde. Ce contexte familial complexe, associé à ses actions, soulève de nombreuses interrogations sur la radicalisation de certains discours masculins.
Bérangère Couillard, présidente du HCE, a déclaré dans un communiqué : « Cette affaire doit être un électrochoc pour comprendre la menace masculiniste et les dangers qu’elle fait peser sur les femmes dans notre pays. Lorsqu’une idéologie de haine des femmes se diffuse, elle ne peut plus être traitée comme un phénomène périphérique. Elle appelle une réponse publique à la hauteur. »
Le HCE s’inquiète de la montée des discours masculinistes, que Cédric Prizzon semble avoir embrassés. Ces discours, souvent véhiculés sur les réseaux sociaux, accusent les femmes d’être responsables des injustices vécues par les hommes, notamment en matière de garde d’enfants. Cette dynamique est considérée comme une menace sérieuse, nécessitant une réaction appropriée des autorités.
Dans un soutien à cette initiative, le HCE a également relayé une pétition lancée par l’association Mouv’enfants, qui a recueilli plus de 10 000 signatures en faveur de la saisine du Pnat. Ce soutien est également relayé par l’association Osez le féminisme, qui souligne l’urgence d’une prise de conscience collective sur ces questions.
Dans son rapport annuel sur l’état du sexisme en France, publié en janvier, le HCE avait déjà plaidé pour que le masculinisme soit reconnu comme un « enjeu de sécurité publique ». Cette prise de position s’inscrit dans un cadre plus large, où des mesures doivent être mises en place pour combattre les mouvements misogynes. En juillet 2025, le Pnat avait déjà agi en mettant en examen un lycéen de 18 ans soupçonné de vouloir attaquer des femmes, une première concernant une personne se revendiquant « incel », une mouvance liée au masculinisme.
Cette situation met en lumière la nécessité d’une vigilance accrue et d’une action déterminée contre la violence de genre. Le cas de Cédric Prizzon représente non seulement une tragédie personnelle, mais aussi un révélateur des tensions sociétales plus larges qui émergent autour des droits des femmes et des discours de haine. La réponse des autorités et de la société civile à cette menace sera cruciale pour l’avenir de la lutte contre le sexisme en France.