Pensions Agirc-Arrco : gel jusqu’à l’automne 2026 malgré des réserves de 91 milliards d’euros

Les 14 millions de retraités du secteur privé bénéficiaires d’une pension complémentaire versée par l’Agirc-Arrco ont reçu un coup dur. Initialement prévue pour novembre dernier, la revalorisation de leurs pensions ne sera finalement pas effectuée, en raison d’un manque d’accord entre les organisations patronales et syndicales.

EN BREF

  • Aucune revalorisation des pensions Agirc-Arrco avant l’automne 2026
  • Le régime affiche un excédent de 1,4 milliard d’euros pour 2025
  • Les syndicats prévoient des négociations intenses à l’automne prochain

Les retraités concernés espéraient encore une décision favorable dans l’année, mais l’Agirc-Arrco a mis un terme à cet espoir ce mardi 31 mars, lors de la présentation de ses résultats financiers pour l’année 2025. La situation, bien que positive avec un excédent de 1,4 milliard d’euros, ne suffira pas à permettre une revalorisation anticipée.

Cette somme a été en partie générée par les cotisations sociales, mais également par des placements financiers fructueux. L’Agirc-Arrco détient désormais 91,2 milliards d’euros de réserves. Ce montant conséquent alimente les critiques des syndicats, qui estiment que la caisse pourrait largement se permettre une revalorisation des pensions.

Malgré ces arguments, la vice-présidente de l’Agirc-Arrco a été ferme : la négociation sur la revalorisation aura lieu comme prévu en septembre-octobre. Cette position s’explique par des considérations démographiques et financières, notamment la baisse de la natalité qui pourrait affecter l’équilibre du système de retraite à long terme.

Pour la première fois depuis 1945, le nombre de décès a dépassé celui des naissances en 2025. Brigitte Pisa, représentante de l’Agirc-Arrco, a souligné la nécessité pour les partenaires sociaux d’intégrer ces nouvelles réalités pour prendre des décisions éclairées pour l’avenir.

Tous les regards se tournent désormais vers la prochaine négociation à l’automne. Les syndicats, dont certains ont dénoncé l’absence d’accord lors des précédentes discussions, exigent une compensation pour la non-revalorisation de cette année. En novembre 2025, une augmentation d’environ 0,6 % avait été envisagée, mais avec la remontée de l’inflation due à la guerre au Moyen-Orient, les attentes des retraités pourraient être plus élevées.

Les craintes persistent quant à la volonté des partenaires sociaux de répondre favorablement aux demandes de revalorisation. Un conseiller confédéral retraites de la CGT a exprimé des doutes sur une éventuelle mauvaise foi justifiant une sous-indexation, voire un nouveau gel des pensions. Ainsi, le rendez-vous de l’automne s’annonce déjà comme un moment crucial pour les retraités, avec des débats qui s’annoncent riches et intenses.