Les Bourses mondiales ont fait preuve d’une certaine résilience ce jeudi, limitant leurs pertes après une ouverture marquée par une baisse significative. Ce retournement fait suite à des déclarations particulièrement offensives du président américain Donald Trump concernant l’Iran. Ses commentaires, qui évoquent un renforcement des mesures contre Téhéran, ont provoqué une réaction immédiate sur les marchés.
EN BREF
- Les marchés limitent leurs pertes malgré les commentaires agressifs de Trump sur l’Iran.
- Le prix du pétrole grimpe suite aux tensions géopolitiques.
- Les taux d’intérêt des dettes souveraines augmentent, alimentant les craintes d’inflation.
Lors d’une allocution, Donald Trump a déclaré qu’il envisagerait de ramener l’Iran « à l’âge de pierre » en cas de non-respect des accords, ce qui a suscité des craintes sur une escalade des tensions. L’armée iranienne a immédiatement réagi, promettant des représailles « dévastatrices » contre les États-Unis et Israël.
À la clôture, la Bourse de Paris n’a perdu que 0,24 % après une ouverture dans le rouge. Francfort a enregistré un recul de 0,56 %, tandis que Milan a terminé à -0,20 %. En revanche, Londres a vu ses indices afficher une hausse de 0,69 %, témoignant d’une certaine agilité face à la situation.
De l’autre côté de l’Atlantique, Wall Street a également montré des signes de stabilisation. Le Dow Jones n’a reculé que de 0,13 %, tandis que le Nasdaq a enregistré une légère hausse de 0,18 % et l’indice S&P 500 a progressé de 0,11 %. Cette volatilité souligne une tendance d’inquiétude parmi les investisseurs, comme l’indique Dave Grecsek, analyste chez Aspiriant : « Il est vraiment difficile de cerner ce marché ».
Les réactions des investisseurs sont partagées. José Torres de chez Interactive Brokers note que le discours de Trump a déçu certains qui espéraient des précisions sur la fin des hostilités avec l’Iran. Toutefois, une partie des opérateurs a saisi l’occasion de racheter des actions, malgré l’absence de raisons évidentes pour le faire.
En parallèle, les prix du pétrole ont connu une nouvelle flambée. Le baril de West Texas Intermediate, pour livraison en mai, a grimpé de 11,41 % pour atteindre 111,54 dollars, tandis que le prix du baril de Brent a bondi de 7,78 % à 109,03 dollars. Ces hausses sont attribuées à l’incertitude géopolitique qui prévaut actuellement, avec des analystes soulignant que les messages de Trump n’ont pas été bien accueillis par le marché.
Le détroit d’Ormuz, point de passage vital pour le transport de pétrole, est actuellement sujet à des tensions, les représentants de plusieurs pays appelant à sa réouverture immédiate. La ministre britannique des Affaires étrangères, Yvette Cooper, a qualifié cette situation de « menace directe pour la prospérité mondiale ».
Les inquiétudes croissantes concernant l’inflation se reflètent dans les taux d’intérêt des dettes souveraines en Europe, qui continuent d’augmenter. Le taux allemand flirtait avec les 3,00 %, atteignant des niveaux jamais vus depuis 2011. Le taux d’intérêt français a également grimpé à 3,68 %, soulignant la nervosité des marchés face à la situation en Iran et aux répercussions économiques potentielles.
Face à ces dynamiques, la prudence semble être de mise pour les investisseurs. Les incertitudes géopolitiques et l’évolution des cours du pétrole pourraient continuer à influencer les marchés dans les jours à venir, rendant la situation encore plus complexe à analyser.