Sur la lancée de ses succès lors des récentes élections municipales, le Rassemblement national (RN) intensifie ses efforts pour s’implanter dans les intercommunalités. L’objectif est clair : obtenir au moins une première intercommunalité afin de solidifier sa position et renforcer sa légitimité sur le terrain politique. Toutefois, même dans ses bastions historiques, le RN fait face à des résistances significatives.
EN BREF
- Le Rassemblement national cherche à conquérir une intercommunalité après ses succès municipaux.
- Louis Aliot, maire de Perpignan, cible la tête de la métropole locale.
- Des résistances subsistent, même dans les fiefs du RN, face à des oppositions politiques.
La transformation du discours du RN est aussi frappante que rapide. Alors qu’en janvier dernier, le parti plaidait pour la suppression des intercommunalités et se félicitait d’avoir réduit le budget territorial, la dynamique a changé. Avec l’élection de 70 nouveaux maires et 3 000 conseillers municipaux, l’intercommunalité apparaît désormais comme une opportunité à saisir.
À Perpignan, **Louis Aliot** met en avant ses ambitions pour diriger la métropole, qui gère un budget de 380 millions d’euros destiné aux services essentiels tels que l’eau, les déchets et l’urbanisme. Ce pouvoir financier représente une chance de prouver la capacité du RN à gouverner, tout en participant à un processus de **dédiabolisation** du parti.
Cependant, la tâche ne sera pas simple. Aliot doit convaincre d’autres élus, nécessitant un soutien supplémentaire pour atteindre la majorité. Il se positionne ainsi en tant que leader local, soulignant l’importance de collaborations constructives en déclarant : « Ça fait six ans qu’on travaille ensemble. On peut avoir un contrat de gestion qui ne doit rien aux partis politiques. »
Ce positionnement est partagé par d’autres maires, comme **Aurélien Lopez-Ligori**, le nouveau maire d’Agde. Ce dernier adopte une approche similaire, affirmant que l’étiquette politique doit être mise de côté lors des discussions au sein du conseil d’agglomération. Il promet également de revoir la gouvernance pour donner plus de place aux petites communes, considérant que les villes-centres ont trop dominé.
Néanmoins, toutes les tentatives ne rencontrent pas le succès escompté. À Castres, **Florian Azéma** exprime des préoccupations quant à une éventuelle marginalisation de la ville-centre. Il revendique la présidence de l’agglomération, malgré un rapport de forces qui lui est défavorable avant le vote prévu le 20 avril.
Le maire de Carpentras, **Hervé de Lépinau**, a récemment constaté une opposition forte de la part des élus des communes environnantes, dénonçant des « copinages et arrangements politiciens ». Son échec à obtenir une majorité a mis en lumière les défis rencontrés par le RN, notamment la difficulté à s’imposer au sein d’une communauté où il est minoritaire.
La situation semble similaire à Carcassonne, où la majorité intercommunale devrait rester à gauche, mettant le RN à l’écart des postes clés, malgré sa victoire sur la ville. Cela illustre la persistance d’un plafond de verre qui complique l’accès du RN aux instances dirigeantes.
Dans le Pas-de-Calais, même avec une position renforcée, le RN n’a pas réussi à obtenir de vice-présidence, le président socialiste de l’agglomération justifiant cette décision par la logique démocratique. **Steeve Briois**, représentant du RN, a réagi vivement, qualifiant cette situation d’insulte à la démocratie.
Pourtant, l’avenir pourrait sourire à l’extrême droite grâce à des alliances stratégiques. **Éric Ciotti**, par exemple, est en bonne voie pour obtenir la métropole de Nice, avec l’appui de membres de la droite locale. **Alexandra Masson**, de son côté, tente de rassembler des soutiens pour conquérir l’agglomération de Menton.
En somme, le RN est à la croisée des chemins. Ses ambitions d’extension territoriale sont confrontées à des réalités politiques complexes, où la conquête des intercommunalités se révèle semée d’embûches. Le défi est de taille, mais le RN semble déterminé à poursuivre son ascension.