Trump et l’Otan : la menace d’un retrait unilatéral face à la guerre en Iran

Le président américain Donald Trump a récemment réaffirmé sa volonté de retirer les États-Unis de l’Otan, lors d’une interview accordée au Telegraph le 1er avril 2026. Cette annonce s’inscrit dans un contexte de tensions exacerbées, notamment en raison du refus des membres de l’Alliance de soutenir son intervention militaire contre l’Iran.

EN BREF

  • Donald Trump menace de retirer les États-Unis de l’Otan en raison de la guerre contre l’Iran.
  • Une loi de 2023 exige l’approbation des deux tiers du Sénat pour un retrait officiel.
  • Des experts alertent sur la possibilité d’un retrait informel sans passer par le Congrès.

Dans ses déclarations, Donald Trump a qualifié l’Otan de « tigre de papier », insinuant que l’Alliance ne répondait pas aux attentes militaires des États-Unis. Son opinion sur l’Otan n’est pas nouvelle, ayant déjà exprimé son mécontentement à plusieurs reprises durant son premier mandat. Toutefois, la question se pose : a-t-il réellement le pouvoir de mettre en œuvre un retrait unilatéral ? La réponse est complexe et soulève des enjeux constitutionnels majeurs.

En vertu d’une loi adoptée par le Congrès en 2023, toute décision de retrait des États-Unis du traité de l’Atlantique Nord nécessite l’approbation de deux tiers des sénateurs. Ce texte a été voté pour renforcer l’adhésion à l’Otan, anticipant un retour possible de Trump au pouvoir. Le secrétaire d’État actuel, Marco Rubio, avait été l’un des promoteurs de cette mesure. Lors d’une récente interview, il a évoqué la possibilité de « réexaminer » le rôle des États-Unis au sein de l’Alliance, mais cela ne semble pas être une option viable à court terme.

La composition actuelle du Sénat joue un rôle crucial dans cette dynamique. Composé de 45 démocrates et 53 républicains, il est peu probable qu’une majorité des sénateurs accepte un retrait de l’Otan. Chuck Schumer, le chef des sénateurs démocrates, a d’ores et déjà déclaré que le Sénat ne voterait pas pour abandonner ses alliés en raison des frustrations de Trump. Un scénario où Trump obtiendrait le soutien nécessaire des deux partis semble donc peu réaliste.

Cependant, certains experts craignent que Trump ne s’affranchisse des règles établies. Un rapport du Service de recherche du Congrès, publié peu avant le début du conflit iranien, rappelle que la loi de 2023 contredit un avis du ministère de la Justice de 2020, qui affirmait que le président pouvait prendre des décisions unilatérales concernant les traités. Cela pourrait ouvrir la voie à une crise constitutionnelle si Trump décidait d’agir sans l’aval du Congrès.

Dans un tel cas, la Cour suprême pourrait être amenée à trancher la question, mais l’absence de précédents judiciaires rend l’issue incertaine. Si Trump venait à réussir à quitter l’Otan, cela prendrait effet après un an, comme l’indique l’article 13 du traité. Néanmoins, certains experts soulignent que Trump pourrait déjà agir de manière informelle pour réduire l’engagement américain au sein de l’Alliance, sans en passer par un retrait officiel.

Un retrait informel pourrait se manifester par la fermeture de bases militaires européennes ou un refus de partager des renseignements avec les alliés. De plus, Trump pourrait affaiblir les engagements de sécurité américains, suscitant des inquiétudes quant à la défense collective stipulée par l’article 5 du traité de l’Otan. Pour certains analystes, le maintien dans l’Otan pourrait néanmoins servir d’outil de pression pour obtenir des concessions des partenaires européens.

En somme, bien que la possibilité d’un retrait officiel semble peu probable, la menace d’un retrait informel plane sur l’Alliance atlantique. Les conséquences d’une telle situation pourraient être profondes pour les relations internationales et la sécurité en Europe.