La startup Friend suspend la vente de son collier intelligent en Europe

La startup Friend, qui avait suscitĂ© de vives inquiĂ©tudes avec son collier Ă©quipĂ© d’intelligence artificielle, a dĂ©cidĂ© de mettre en pause la vente de son produit en France et dans l’Union europĂ©enne. Cela fait suite Ă  des prĂ©occupations concernant la conformitĂ© avec le RĂšglement gĂ©nĂ©ral sur la protection des donnĂ©es (RGPD).

EN BREF

  • Le collier d’intelligence artificielle de Friend n’est plus disponible en Europe.
  • Des prĂ©occupations sur la collecte de donnĂ©es privĂ©es ont conduit Ă  cette dĂ©cision.
  • L’entreprise travaille Ă  sa mise en conformitĂ© avec le RGPD.

Le collier, qui promet d’Ă©couter en permanence tout ce qui se passe autour de son porteur, a fait l’objet de critiques importantes. En effet, son fonctionnement soulĂšve des questions Ă©thiques et lĂ©gales, notamment sur le consentement des personnes enregistrĂ©es. Avi Schiffmann, directeur gĂ©nĂ©ral de Friend, a confirmĂ© la suspension de la vente en prĂ©cisant que l’entreprise s’efforce de respecter les exigences du RGPD avant de lancer son produit sur le marchĂ© europĂ©en.

Ce dĂ©veloppement fait suite Ă  une campagne publicitaire remarquĂ©e dans le mĂ©tro parisien, oĂč des messages critiques concernant l’intelligence artificielle avaient Ă©tĂ© affichĂ©s. MalgrĂ© cet engouement, la vente du collier n’est pas encore envisagĂ©e en Europe, alors qu’il est dĂ©jĂ  disponible aux États-Unis et au Canada depuis 2025.

Les inquiĂ©tudes autour de ce dispositif ont Ă©tĂ© amplifiĂ©es par le dĂ©putĂ© Ă©cologiste JĂ©rĂ©mie Iordanoff, qui a contactĂ© la Commission nationale de l’informatique et des libertĂ©s (Cnil) pour demander une enquĂȘte. En fĂ©vrier, la Cnil a dĂ©cidĂ© de s’autosaisir, Ă©voquant le risque d’une « collecte massive de donnĂ©es possiblement sensibles », incluant des informations sur la santĂ©, l’orientation sexuelle ou encore l’opinion politique des utilisateurs.

Friend, bien qu’ayant connu un certain succĂšs en termes de visibilitĂ©, fait face Ă  des interrogations sur sa rentabilitĂ©. Selon des chiffres avancĂ©s par Avi Schiffmann, l’entreprise avait vendu 3 000 colliers avant octobre 2025, avec seulement 1 000 livrĂ©s, gĂ©nĂ©rant environ 348 000 dollars de revenus. À titre de comparaison, la campagne publicitaire dans le mĂ©tro de New York a coĂ»tĂ© un million de dollars, posant la question de la viabilitĂ© Ă©conomique de l’entreprise Ă  long terme.

La situation actuelle de Friend soulĂšve Ă©galement une rĂ©flexion plus large sur la rĂ©gulation des technologies Ă©mergentes. Alors que les innovations technologiques peuvent offrir des bĂ©nĂ©fices considĂ©rables, elles doivent Ă©galement ĂȘtre encadrĂ©es pour protĂ©ger les droits des individus. Cela pose un dĂ©fi majeur pour les startups qui souhaitent innover tout en respectant des normes strictes de protection des donnĂ©es.

Dans ce contexte, la stratĂ©gie de Friend pourrait Ă©voluer. L’entreprise semble dĂ©terminĂ©e Ă  travailler avec des experts juridiques afin d’adapter son produit aux exigences europĂ©ennes. Ce processus pourrait prendre du temps, mais il est indispensable pour assurer la confiance des consommateurs et garantir un respect adĂ©quat des lois sur la protection de la vie privĂ©e.

À terme, la dĂ©cision de suspendre la vente en Europe pourrait servir d’exemple pour d’autres entreprises technologiques, illustrant l’importance de la conformitĂ© rĂ©glementaire dans l’innovation. Alors que le dĂ©bat sur l’Ă©thique de l’intelligence artificielle s’intensifie, les acteurs de ce secteur devront naviguer avec prĂ©caution pour Ă©viter des situations similaires.