Le sort des Français condamnés à mort : un bilan inquiétant

Le tableau des Français condamnés à mort à l’étranger s’assombrit avec l’exécution récente de Chan Thao Phoumy, un compatriote condamné en 2010 en Chine pour trafic de drogue. Le ministère des Affaires étrangères a annoncé sa mise à mort à Canton, réduisant le nombre de Français dans le couloir de la mort à trois. Ces informations soulèvent des interrogations sur la situation des autres condamnés et sur la peine de mort à l’échelle mondiale.

EN BREF

  • Chan Thao Phoumy a été exécuté en Chine, laissant trois Français dans le couloir de la mort.
  • Nora Lalam, Stéphane Aït Idir et Redouane Hammadi sont les derniers condamnés.
  • Ces trois derniers sont incarcérés dans des pays où la peine de mort est en moratoire.

Les derniers condamnés à mort

À ce jour, Nora Lalam, Stéphane Aït Idir et Redouane Hammadi sont les trois derniers Français condamnés à mort. Nora Lalam, condamnée en avril 2005 en Algérie, demeure une figure mystérieuse. Les détails de son arrestation et son éventuelle double nationalité restent flous, et l’association Ensemble contre la peine de mort (ECPM) ne sait pas si elle est toujours en vie.

Stéphane Aït Idir et Redouane Hammadi, quant à eux, purgent leur peine au Maroc. Âgés respectivement de 53 et 55 ans, ils ont été condamnés pour leur implication dans l’attentat de Marrakech en 1994, qui avait causé la mort de deux personnes à l’hôtel Atlas-Asni. Ces deux hommes, originaires de La Courneuve en Seine-Saint-Denis, avaient rejoint des groupes djihadistes en Afghanistan et au Pakistan avant de commettre cet acte violent au Maroc.

Le contexte de la peine de mort

Il est important de noter que ces trois condamnés se trouvent dans des pays où la peine de mort est en moratoire. Cela signifie que bien que la peine capitale soit toujours en vigueur, aucune exécution n’a été réalisée depuis plus de dix ans. Ces pays, de plus, ne s’opposent pas à la résolution des Nations unies qui prône un moratoire universel sur les exécutions.

Le sort de Chan Thao Phoumy, exécuté en Chine, souligne les dangers auxquels font face les citoyens français condamnés à mort à l’étranger. L’ECPM continue de suivre de près la situation de ces condamnés pour sensibiliser l’opinion publique et promouvoir un débat sur la peine de mort.

Un autre cas marquant est celui de Serge Atlaoui, qui avait été condamné à mort en Indonésie pour trafic de drogue. Transféré en France en février 2025 grâce à un accord diplomatique, sa peine a été commuée en trente ans de réclusion, et il a été libéré en juillet dernier. Ce cas illustre les efforts diplomatiques qui peuvent parfois conduire à des résultats favorables pour les condamnés.

La situation des Français condamnés à mort à l’étranger reste préoccupante. Les récents développements mettent en lumière la nécessité de suivre de près ces cas et de continuer à plaider pour la fin de la peine de mort partout dans le monde. La lutte contre cette pratique inhumaine nécessite un engagement continu de la part des gouvernements, des organisations internationales et de la société civile.