Racket et violences : la menace de la mafia s’intensifie dans le sud de la France

Dans le sud de la France, la situation des commerçants devient de plus en plus préoccupante. Les incendies de magasins et de restaurants se multiplient, témoignant d’une montée inquiétante des pratiques mafieuses, notamment liées à la DZ mafia. Ce phénomène s’accompagne de menaces et d’extorsions, plongeant les commerçants dans un climat de peur et d’angoisse.

EN BREF

  • La DZ mafia menace les commerçants dans le Gard et les Bouches-du-Rhône.
  • Des extorsions violentes se multiplient, avec des agressions physiques.
  • Les autorités surveillent le phénomène, mais de nombreuses victimes restent silencieuses.

Un exemple marquant de cette situation s’est produit à Alès, où un restaurant a été incendié après une tentative d’extorsion. En janvier 2026, la gérante Fatma Guven a été contactée via Snapchat par un individu se présentant comme membre de la DZ mafia, exigeant 50 000 euros sans explication. Face aux menaces croissantes, elle a dû se cacher, décrivant sa vie actuelle comme un véritable cauchemar : « On ne vit même plus dans nos maisons. On est toujours en train d’avoir peur », confie-t-elle.

Les vidéos de l’incendie montrent un individu déversant de l’essence avant d’allumer le feu, tandis qu’un complice vole la caisse. Bien que les autorités aient ouvert une enquête, les suspects restent introuvables. La peur de représailles et le sentiment d’insécurité poussent de nombreux commerçants à se replier sur eux-mêmes, témoignant d’une réalité qui semble tout droit sortie d’un film.

Une violence croissante

Les témoignages se multiplient concernant des actes de violence à l’encontre des commerçants. Un restaurateur anonyme raconte avoir été agressé par deux individus armés, qui ont menacé son directeur avec un téléphone, lui ordonnant de faire intervenir son patron sous peine de représailles. Ce climat de terreur, où l’agressivité remplace les anciennes pratiques d’extorsion, a profondément marqué les victimes.

Bruno Bartocetti, secrétaire national d’Unité SGP Sud, évoque l’expansion des groupes criminels qui cherchent à étendre leur territoire et à maximiser leurs profits : « Il n’y a pas de petit profit. Ce qui compte, c’est de rentrer de l’argent régulièrement », explique-t-il, soulignant que ces méthodes ne se limitent pas à la vente de drogues, mais s’étendent à divers secteurs.

Les autorités face à la menace

Bien que les forces de l’ordre surveillent de près ces pratiques mafieuses, la difficulté de quantifier le phénomène est réelle. Nombreux sont les commerçants qui, par crainte, choisissent de ne pas porter plainte, rendant ainsi le travail des autorités d’autant plus complexe. Ce silence, alimenté par la peur des représailles, permet à la mafia de prospérer.

Un restaurateur résume la situation : « Ce qui fait le plus peur, c’est l’agressivité dans laquelle ça se passe. » Les méthodes de chantage et d’extorsion évoluent, et les commerçants se retrouvent souvent isolés face à une menace qui semble inéluctable.

Dans un contexte où la sécurité des citoyens est en jeu, la nécessité d’une réponse efficace des autorités devient primordiale. Les commerçants du sud de la France, pris au piège entre la nécessité de protéger leur activité et la peur des représailles, attendent des mesures concrètes pour faire face à cette situation alarmante.