À Kawasaki, le festival de la fertilité attire les foules avec ses phallus géants

Le dimanche 5 avril 2026, Kawasaki, une ville située en périphérie de Tokyo, a célébré son traditionnel festival de la fertilité, connu sous le nom de « Kanamara ». Cet événement, qui attire chaque année de nombreux visiteurs, met en avant des symboles de fertilité dans une atmosphère conviviale et festive.

EN BREF

  • Le festival « Kanamara » de Kawasaki célèbre la fertilité avec des phallus géants.
  • La tradition remonte à l’époque Edo et vise à déstigmatiser la sexualité.
  • En 2025, le Japon a enregistré une baisse continue de son taux de natalité.

Des centaines de fidèles, habillés en tenues colorées, ont participé à une procession où trois phallus géants étaient portés à travers les rues. Un phallus en acier noir d’un mètre de long trônait également dans la cour du sanctuaire Kanayama, dédié aux divinités shinto de la fertilité, de l’accouchement et de la protection contre les infections sexuellement transmissibles.

La légende raconte que le festival honore un forgeron de l’époque d’Edo qui aurait créé un godemichet en acier pour se défendre contre un démon qui vivait dans le vagin d’une femme. Ce démon, selon les croyances, aurait castré les jeunes hommes lors de leurs nuits de noces. Au fil du temps, les travailleuses du sexe se rendaient en pèlerinage à ce sanctuaire pour bénéficier de sa protection, mais le festival a évolué pour devenir un rituel de fertilité plus large.

Le festival attire un public varié, allant des familles avec enfants aux soutiens de la communauté LGBTQ, arborant des tenues arc-en-ciel. Le touriste Jimmy Hsu, âgé de 32 ans et originaire de San Francisco, a déclaré : « On a l’impression que c’est plus que juste +ha ha, le sexe+. Il y a toute une réflexion derrière. » Cette réflexion s’inscrit dans un contexte où le Japon fait face à un taux de natalité en baisse depuis dix ans, avec 705.809 naissances enregistrées en 2025, soit une diminution de 2,1 % par rapport à l’année précédente.

Cette baisse des naissances inclut les bébés nés de ressortissants japonais au Japon, ainsi que ceux d’étrangers et de Japonais nés à l’étranger. Malgré les jouets et bonbons à l’effigie de phallus, certains visiteurs considèrent l’événement comme une célébration saine de la sexualité. Julie Ibach, une touriste de 58 ans venue de San Diego, s’est amusée de voir un petit garçon avec des autocollants en forme de pénis, soulignant que « tout le monde joue le jeu et s’en amuse ».

La diversité des participants et l’ambiance festive font de ce festival un moment unique, où la célébration de la fertilité se mêle à une réflexion plus profonde sur la sexualité et la vie. Comme l’a remarqué Jimmy Hsu, cet événement ne se limite pas à une simple blague sur le sexe, mais représente également un espace de dialogue sur des thèmes souvent tabous.

En somme, le festival de la fertilité de Kawasaki demeure un événement emblématique, attirant chaque année de plus en plus de visiteurs, tout en abordant des enjeux sociaux contemporains, notamment la question de la natalité au Japon.