Le 1er mai 2025, un ancien soldat australien a Ă©tĂ© arrĂȘtĂ© Ă Sydney pour des crimes de guerre prĂ©sumĂ©s commis en Afghanistan. Lâintervention de la police fĂ©dĂ©rale sâinscrit dans le cadre dâune enquĂȘte approfondie sur le comportement des troupes australiennes entre 2005 et 2016, pĂ©riode marquĂ©e par de nombreux incidents controversĂ©s.
EN BREF
- Un ancien soldat, Ben Roberts-Smith, arrĂȘtĂ© pour meurtre en Afghanistan
- Il est accusé de cinq crimes de guerre liés à des exécutions de civils
- Des enquĂȘtes prĂ©cĂ©dentes avaient rĂ©vĂ©lĂ© des abus au sein des forces spĂ©ciales
La police a confirmĂ© que le suspect, ĂągĂ© de 47 ans, devait ĂȘtre prĂ©sentĂ© devant un tribunal le jour mĂȘme. Bien que son identitĂ© nâait pas Ă©tĂ© officiellement divulguĂ©e, les mĂ©dias australiens lâidentifient comme Ă©tant Ben Roberts-Smith, rĂ©cipiendaire de la Victoria Cross, la plus haute distinction militaire du pays.
Les accusations portĂ©es contre lui incluent des meurtres survenus en 2009 et en 2012 dans la province dâUruzgan, un secteur central de lâAfghanistan. Selon la commissaire de la police fĂ©dĂ©rale, Krissy Barrett, les victimes Ă©taient des civils non armĂ©s au moment de leur mort. « Les victimes ont Ă©tĂ© abattues par l’accusĂ© ou par des subordonnĂ©s agissant sur ses ordres », a-t-elle dĂ©clarĂ©.
Ben Roberts-Smith, ancien membre du Special Air Service Regiment, a longtemps Ă©tĂ© considĂ©rĂ© comme un hĂ©ros national. Il avait Ă©tĂ© dĂ©corĂ© pour son « courage exceptionnel » lors d’opĂ©rations militaires, notamment pour avoir traquĂ© un commandant taliban. Sa popularitĂ© s’est cependant effritĂ©e depuis 2018, lorsque des allĂ©gations de crimes de guerre ont commencĂ© Ă Ă©merger.
Des enquĂȘtes journalistiques menĂ©es par The Age et The Sydney Morning Herald ont mis en lumiĂšre des comportements criminels, y compris des accusations selon lesquelles il aurait ordonnĂ© lâexĂ©cution de prisonniers afghans non armĂ©s. Ces rĂ©vĂ©lations ont conduit Ă des poursuites en diffamation, que Roberts-Smith a perdues contre les mĂ©dias qui avaient rapportĂ© ces allĂ©gations.
Les accusations portĂ©es par les mĂ©dias incluent des actes rĂ©prĂ©hensibles tels que le fait de pousser un civil afghan du haut d’une falaise et de tirer sur un homme portant une prothĂšse de jambe, qu’il aurait ensuite utilisĂ©e pour boire avec ses camarades. Ces rĂ©vĂ©lations ont choquĂ© lâopinion publique et ont entraĂźnĂ© des appels Ă une enquĂȘte plus approfondie sur le comportement des troupes australiennes.
En rĂ©ponse Ă ces allĂ©gations, une enquĂȘte militaire lancĂ©e en 2020 a rĂ©vĂ©lĂ© que des membres des forces spĂ©ciales avaient « tuĂ© illĂ©galement » au moins 39 civils et prisonniers afghans. Les rĂ©sultats de lâenquĂȘte ont mis en lumiĂšre des exĂ©cutions sommaires et des allĂ©gations de torture. Face Ă cette situation alarmante, le gouvernement australien a dĂ©cidĂ© de nommer un enquĂȘteur spĂ©cial pour examiner si des poursuites pĂ©nales devaient ĂȘtre engagĂ©es contre dâanciens ou actuels soldats.
En mars 2023, un autre ancien soldat des forces spĂ©ciales avait Ă©tĂ© arrĂȘtĂ© pour des crimes similaires, et son procĂšs est prĂ©vu pour fĂ©vrier 2027 devant la Cour suprĂȘme de Nouvelle-Galles-du-Sud. Lâarrestation de Ben Roberts-Smith pourrait donc marquer un tournant dans la lutte contre lâimpunitĂ© des crimes de guerre commis par les forces australiennes en Afghanistan.
La situation demeure tendue alors que lâAustralie continue de faire face aux consĂ©quences de ses engagements militaires Ă lâĂ©tranger. Les autoritĂ©s devront naviguer entre la nĂ©cessitĂ© de rendre des comptes et le soutien Ă leurs anciens combattants, tout en prĂ©servant la confiance du public dans les forces armĂ©es.