Plainte pour harcèlement raciste au sein de la Garde républicaine : une enquête ouverte

Une enquête est actuellement en cours à Paris en raison d’une plainte déposée par un gendarme faisant état de harcèlement raciste au sein de la Garde républicaine. Ce militaire de 29 ans a porté cette plainte le 17 décembre 2025, un acte qui met en lumière des comportements discriminatoires au sein de cette institution prestigieuse.

EN BREF

  • Un gendarme a dénoncé des actes de harcèlement raciste au sein de la Garde républicaine.
  • Il a reçu des messages offensants liés à ses origines algériennes.
  • La gendarmerie a mis en place un plan d’action contre les comportements discriminatoires.

Le militaire, identifié sous le prénom de Ryan (nom modifié), a indiqué avoir reçu un courrier anonyme le 16 décembre 2025, contenant des propos injurieux : « On est en France ici, habille-toi comme tel sale bougnoule ». Ce message faisait référence à un vêtement traditionnel algérien qu’il avait porté lors d’un mariage, en dehors de ses heures de service. Cette lettre a été le déclencheur de sa décision de porter plainte pour dénoncer ce qu’il appelle « six années de racisme ».

Lors d’un entretien avec son commandant, Ryan a rapporté des remarques désobligeantes. « J’ai pas envie de te voir en djellaba dans la caserne », lui aurait-il dit. D’autres commentaires, tels que « Tu me tombes pas dans les bras pendant le ramadan » ou « Les gens viennent de milieux ruraux », ont également été rapportés. Ces échanges ont contribué à un climat de suspicion à son égard, qu’il décrit comme une suspicion permanente.

Après avoir interpellé un suspect, ses collègues lui auraient demandé s’il le connaissait en raison de son utilisation de l’arabe. Cette méfiance ne se limite pas à Ryan, mais s’étend également à ses proches, qui sont systématiquement contrôlés à l’entrée de la caserne. Il évoque également une tentative d’intrusion dans son logement par un supérieur, ainsi qu’une convocation de sa femme pour des allégations infondées de violences à domicile, renforçant ainsi l’idée d’un préjugé inacceptable à son encontre.

Ryan a également partagé ses réflexions sur les récentes célébrations des Jeux olympiques de 2024, où des membres de la Garde républicaine ont accompagné la chanteuse franco-malienne Aya Nakamura. Bien qu’il ait vu cette représentation comme un moment de fierté, il indique que de nombreux anciens de la caserne ont été dégoûtés par cette image, soulignant une déconnexion entre l’institution et la réalité vécue par des membres comme lui.

En évoquant son parcours, Ryan se déclare binational et déplore le fait que malgré ses années de service en France, il n’a pas échappé aux comportements racistes au sein même de son institution. « Servir la France pendant toutes ces années n’a pas protégé mon client du racisme », souligne son avocat, Seydi Ba, qui s’indigne de la persistance de tels comportements au sein de la Garde républicaine.

La gendarmerie nationale a réagi en rappelant avoir instauré un plan d’action de tolérance zéro concernant les comportements discriminatoires. Elle a également mis en place un Observatoire de la gendarmerie pour l’égalité et contre les discriminations, visant à promouvoir l’égalité professionnelle et à lutter contre les violences et les discriminations. Les autorités affirment que tous les signalements sont traités avec sérieux et diligence.

Cette affaire soulève des questions cruciales sur la place de la diversité et de l’égalité au sein des forces de l’ordre, et elle met en lumière la nécessité d’un dialogue ouvert sur les réalités vécues par les membres issus de la diversité au sein de ces institutions.