Les États-Unis et l’Iran annoncent un cessez-le-feu, chacun revendique la victoire

Le 6 avril 2026, les États-Unis et l’Iran ont chacun déclaré avoir remporté une victoire après la conclusion d’un cessez-le-feu de deux semaines. Cet accord, qui inclut la réouverture du détroit d’Ormuz, a été salué par les deux parties, bien qu’Israël ait précisé qu’il ne s’appliquait pas à la situation au Liban.

EN BREF

  • Les États-Unis et l’Iran annoncent un cessez-le-feu de deux semaines.
  • Donald Trump et Téhéran revendiquent chacun une victoire dans les négociations.
  • Israël exclut le Liban de l’accord, tandis que les marchés réagissent positivement.

Lors d’une conversation téléphonique avec l’AFP, le président américain Donald Trump a affirmé : « Une victoire totale et complète. 100 pour cent. Il n’y a aucun doute là-dessus. » Il a également évoqué que la question de l’uranium iranien serait « parfaitement réglée », tout en restant vague sur ses menaces antérieures de destruction des infrastructures iraniennes en cas d’échec des négociations. Trump a suggéré que la Chine avait joué un rôle clé en incitant l’Iran à s’engager dans ces pourparlers.

De son côté, le Conseil suprême de la sécurité nationale iranien a déclaré que « l’ennemi a subi une défaite indéniable, historique et écrasante ». Les autorités iraniennes ont annoncé que des pourparlers débuteraient vendredi avec les États-Unis, sous la médiation du Pakistan, qui est devenu un acteur central dans ce conflit qui a commencé le 28 février et causé de nombreuses pertes humaines.

Le président Trump a précisé sur Truth Social que les bombardements et les attaques contre l’Iran seraient suspendus durant cette période, à condition que la République islamique accepte l’ouverture totale et sécurisée du détroit d’Ormuz. Ce passage maritime, crucial pour le transit de 20% du pétrole mondial avant le conflit, a été un point de tension majeur entre les deux nations.

Les dirigeants iraniens ont indiqué qu’ils étaient prêts à rouvrir le détroit d’Ormuz pour deux semaines, sous réserve d’un cessez-le-feu des attaques contre l’Iran. Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a précisé sur X que l’armée iranienne « surveillera » le passage limité des navires durant cette période. Téhéran a également exprimé le souhait de voir levées les sanctions qui lui sont imposées.

Le plan iranien inclut des propositions relatives à l’enrichissement d’uranium, bien que cette mention ait été absente de la version anglaise communiquée aux Nations Unies. « L’Iran engagera, pendant une période de deux semaines, des négociations avec la partie américaine à Islamabad », a ajouté le Conseil suprême de la sécurité nationale. Toutefois, cette annonce ne signifie pas la fin des hostilités, et la durée du cessez-le-feu pourrait être prolongée si les deux parties en conviennent.

Le marché a réagi de manière favorable à cette annonce, avec une chute des cours du pétrole, tant WTI que Brent, qui ont plongé de plus de 15%, repassant sous la barre des 100 dollars le baril. Les Bourses de Tokyo et Séoul ont également connu une hausse significative à l’ouverture.

Israël et la situation au Liban

Le Premier ministre pakistanais, Shehbaz Sharif, a affirmé que « l’Iran et les États-Unis, ainsi que leurs alliés, ont accepté un cessez-le-feu immédiat partout, y compris au Liban et ailleurs ». Cependant, Israël, tout en soutenant la décision américaine de suspendre les frappes, a précisé que cet accord « n’inclut pas le Liban ». Le bilan des frappes israéliennes dans ce pays depuis le 2 mars a déjà dépassé les 1.500 morts.

Récemment, l’armée israélienne a terminé le déploiement de ses troupes au sol dans le sud du Liban pour établir une « ligne de défense avancée » contre le mouvement Hezbollah, pro-iranien. Une frappe israélienne a également causé la mort de huit personnes à Saïda, selon les autorités libanaises.

En parallèle, le secrétaire général de l’ONU, António Guterres, a salué ce cessez-le-feu temporaire, tout en appelant les belligérants à travailler vers une paix durable dans la région. L’Irak, touché par le conflit avec des pertes humaines, a également exprimé son souhait de voir s’ouvrir des voies de dialogue sérieuses et durables.

La situation demeure complexe et fragile, et les prochaines semaines seront cruciales pour déterminer l’issue de ces négociations et l’impact sur la stabilité régionale.