Le détroit d’Ormuz, passage stratégique pour le commerce mondial, est de nouveau sous les projecteurs suite à l’annonce d’un cessez-le-feu entre les États-Unis et Israël d’une part, et l’Iran d’autre part. Cette zone, qui représente environ 20 % du trafic pétrolier mondial et un cinquième du gaz naturel liquéfié, a été le théâtre de tensions considérables, rendant son avenir incertain.
EN BREF
- Un péage de 1 dollar par baril de pétrole dans le détroit d’Ormuz est envisagé par Téhéran.
- Donald Trump évoque une coentreprise pour sécuriser le passage maritime.
- Oman rejette catégoriquement l’idée de taxation sur le détroit.
Avec la guerre ayant bloqué de nombreux navires, le cessez-le-feu a ravivé les discussions sur l’avenir du détroit. L’Iran a récemment annoncé la mise en place d’un péage pour le passage des navires, ce qui suscite des inquiétudes parmi les acteurs du secteur maritime. Ce mécanisme pourrait être maintenu même avec l’accord de cessation des hostilités, selon des sources proches du gouvernement iranien.
La proposition de Téhéran, rapportée par le Financial Times, stipule que chaque baril de pétrole transitant par le détroit serait soumis à une taxe de 1 dollar, payable en cryptomonnaies. Avant la crise, environ 20 millions de barils passaient quotidiennement par cette voie maritime cruciale.
Donald Trump, président des États-Unis, a exprimé un intérêt pour cette idée lors d’une interview avec ABC. Il a mentionné la possibilité d’une « joint-venture », qui pourrait à la fois sécuriser le passage et générer des revenus. Sur son réseau social Truth, il a également promis une aide des États-Unis pour faciliter le trafic maritime dans le détroit d’Ormuz, tout en soulignant les opportunités économiques que cela pourrait engendrer.
Cependant, la décision finale concernant le péage ne repose pas uniquement sur Washington ou Téhéran. Le détroit d’Ormuz est partiellement situé dans les eaux territoriales d’Oman, qui a clairement rejeté l’idée de faire payer les navires. Le ministre des Transports omanais a rappelé que le détroit est un passage naturel et que, selon les accords internationaux en vigueur, aucun droit de passage ne peut être imposé.
La Convention des Nations unies sur le droit de la mer, bien que signée par Oman, n’a pas été ratifiée par les États-Unis ou l’Iran. Cette situation complique davantage la mise en œuvre d’une taxe pour le simple passage dans le détroit. Toutefois, Téhéran pourrait appliquer des frais pour des services spécifiques tels que le pilotage ou le remorquage, comme l’a précisé Reuters.
Les implications économiques de cette initiative pourraient inciter Oman à revoir sa position. Amir Handjari, du Quincy Institute for Responsible Statecraft, a déclaré que le sultanat pourrait tirer profit de revenus supplémentaires et d’une importance stratégique accrue, tandis que l’Iran pourrait renforcer sa légitimité et sa position sur la scène internationale.
Ce scénario pourrait également susciter des préoccupations parmi les pays dont les navires transitent par le détroit, puisqu’il pourrait établir un précédent pour l’introduction de péages maritimes ailleurs dans le monde. Bien que de nombreux pays ne ratifient pas toujours les traités relatifs aux voies maritimes, ils respectent généralement les principes qui y sont énoncés, comme l’a souligné Donald Rothwell, professeur en droit international des océans à l’Université nationale australienne.
Dans cette dynamique complexe, le détroit d’Ormuz, tout en étant un axe de transit vital, pourrait devenir un enjeu financier significatif, redéfinissant ainsi les relations géopolitiques et commerciales dans la région.