Yasmin Ullah, militante des droits humains et fondatrice du collectif féminin Rohingya Maiyafuinor Collaborative Network, a lancé un appel urgent à la communauté musulmane et aux pays d’Asie du Sud-Est pour qu’ils s’opposent au régime militaire en Birmanie. Cet appel a eu lieu lors d’une conférence à Jakarta, alors qu’elle se prépare à faire face à des accusations de génocide contre le chef de l’armée birmane, récemment élu président.
EN BREF
- Yasmin Ullah appelle le monde musulman à s’unir contre l’armée birmane.
- Elle a déposé une plainte pour génocide contre le chef de la junte militaire.
- 7.000 réfugiés rohingyas se trouvent actuellement en Indonésie.
La plainte, déposée lundi auprès du procureur général d’Indonésie, est une réponse à la prise de pouvoir de l’armée birmane lors d’un coup d’État en 2021. L’armée est accusée de graves violations des droits humains, notamment contre les Rohingyas, une minorité ethnique majoritairement musulmane.
Yasmin Ullah, qui a fui la Birmanie à l’âge de trois ans, a souligné l’importance de l’Indonésie dans ce combat. Elle a déclaré : « Nous avons plus de musulmans ici que dans tout autre pays au monde, et l’islam promeut la responsabilité. » Elle a exhorté les dirigeants indonésiens et ceux de l’ASEAN à réfléchir à l’avenir de la région, en tenant compte de l’impact de l’armée birmane sur la stabilité.
La semaine dernière, l’élection de Min Aung Hlaing, le chef de la junte, à la présidence, a suscité des inquiétudes, car cela signifie qu’il continuera de gouverner sous un vernis civil. Yasmin Ullah espère que justice sera rendue et que les responsables des violations des droits humains seront traduits en justice. « Certaines victimes se trouvent ici, en Indonésie », a-t-elle ajouté.
Avec environ 7.000 réfugiés rohingyas présents en Indonésie, la situation demeure précaire. Ces réfugiés, installés principalement dans la province d’Aceh, souffrent de la réduction de l’aide internationale, aggravant leur condition de vie déjà difficile.
Yasmin Ullah, qui se décrit comme une survivante du génocide, travaille activement avec ces réfugiés dans leurs centres d’accueil. Elle a exprimé son désespoir face à l’inaction internationale. « Nous avons constaté la complaisance de cette région envers la Birmanie depuis bien trop longtemps », a-t-elle affirmé.
Inquiète pour sa famille restée en Birmanie, elle a évoqué son parcours difficile, ayant dû fuir avec sa mère pour échapper à la violence. Sa détermination à obtenir justice pour son peuple reste intacte, alors qu’elle continue de plaider pour un changement significatif.
La plainte déposée par Yasmin Ullah est la première à être acceptée en vertu de la « compétence universelle » dans le nouveau Code pénal indonésien, qui permet de juger des crimes graves commis hors du territoire. Ce développement pourrait marquer un tournant dans la lutte pour les droits des Rohingyas, alors que l’Indonésie assure la présidence du Conseil des droits de l’homme de l’ONU en 2026.
Le combat pour la justice et la reconnaissance des droits des Rohingyas est loin d’être terminé, et Yasmin Ullah continue d’être une voix forte et déterminée sur cette question pressante.