Un simple excès de vitesse peut conduire à des conséquences financières dramatiques, en particulier lorsque le contrevenant est un homme d’affaires fortuné. En Finlande, Anders Wiklöf, un milliardaire de 79 ans, a récemment été flashé à 59 km/h dans une zone limitée à 30 km/h, ce qui lui a valu une amende exceptionnelle de 120 000 euros. Cette sanction illustre un système unique en Europe, où les amendes sont proportionnelles aux revenus des conducteurs.
EN BREF
- Anders Wiklöf, un milliardaire finlandais, a reçu une amende de 120 000 euros pour excès de vitesse.
- Ce montant exceptionnel résulte d’un système de sanctions basé sur le revenu en Finlande.
- Ce cas soulève des questions sur l’équité des amendes en fonction du niveau de richesse des conducteurs.
Le fait s’est produit à Mariehamn, la capitale des îles Åland, où Wiklöf a été contrôlé à 29 km/h au-dessus de la limite autorisée. Il convient de noter qu’à 1 km/h près, son permis aurait pu être suspendu. Cependant, le septuagénaire a pu continuer à conduire sa Bentley sans contrainte. Ce n’est pas la première fois que ce businessman fait l’objet d’une amende importante : en 2013, il avait déjà écopé de 64 000 euros, suivis de 95 000 euros en 2018. Au total, ses amendes routières dépassent désormais 400 000 euros.
Dans une déclaration au média finlandais Nya Aland, Wiklöf a exprimé son acceptation de la sanction : « Si j’ai commis une erreur, je l’accepte et il n’y a rien d’autre à dire ». Ce cas particulier fait écho à d’autres situations en Europe, notamment celle d’un conducteur suédois condamné en Suisse en 2010 à une amende de près de 800 000 euros pour avoir conduit à une vitesse excessive.
Un système de sanctions unique
Pour comprendre l’ampleur de l’amende infligée à Anders Wiklöf, il est crucial d’examiner le système finlandais des jours-amende. Ce système prévoit des amendes administratives fixes pour des petits excès de vitesse. Toutefois, dès qu’un conducteur dépasse la limite de 20 km/h, l’infraction devient grave et est alors soumise à un régime pénal. La sanction est proportionnelle aux revenus, ce qui signifie que les conducteurs plus riches paient des amendes beaucoup plus élevées.
Le calcul d’une amende se base sur le revenu net mensuel du conducteur. Pour chaque jour-amende, le montant est défini par la formule suivante : (revenu net mensuel – 255 euros) / 60. En cas de dépassement de vitesse en zone bâtie, un excès de 27 à 29 km/h correspond à 16 jours-amende. Dans le cas de Wiklöf, cela a abouti à une sanction de 120 000 euros, soit environ 7 500 euros par jour-amende, ce qui implique un revenu net mensuel théorique d’environ 450 000 euros.
Ce contraste est frappant par rapport à la France, où un conducteur pris à une vitesse similaire encourt une amende forfaitaire de 135 euros et un retrait de deux points, indépendamment de ses revenus. Ainsi, un automobiliste français ne subirait pas les conséquences financières extrêmes observées en Finlande.
Une question d’équité
La logique qui gouverne le système finlandais vise à faire en sorte que chaque conducteur ressente la même « douleur » financière en cas d’infraction. Cela soulève cependant des interrogations sur l’équité des sanctions. D’autres pays, comme la Suisse, adoptent également des amendes proportionnelles aux revenus, mais ces pratiques peuvent parfois conduire à des montants exorbitants pour les conducteurs riches, comme le montre le cas d’Anders Wiklöf.
En somme, cette affaire met en lumière les différences notables dans les systèmes de sanctions routières à travers l’Europe et questionne la justice de faire payer plus cher ceux qui ont les moyens. À l’avenir, il serait intéressant de voir si d’autres pays suivront cette tendance ou si des réformes seront envisagées pour équilibrer les amendes en fonction des revenus.