Négociations entre l’Iran et les États-Unis : les 10 points du plan iranien dévoilé

Alors qu’un cessez-le-feu de deux semaines a été établi au Moyen-Orient juste avant la fin de l’ultimatum de Donald Trump, des discussions s’ouvrent ce vendredi entre les États-Unis et l’Iran. L’objectif est de parvenir à un accord de paix « à long terme ». Le président américain a récemment affirmé sur Truth Social avoir reçu un plan en dix points de l’Iran, qu’il juge comme une base acceptable pour les négociations.

EN BREF

  • Des négociations entre l’Iran et les États-Unis débutent après un cessez-le-feu.
  • Le plan iranien en dix points inclut des concessions sur le détroit d’Ormuz et les sanctions.
  • Les États-Unis proposent un plan en quinze points, plus contraignant pour Téhéran.

Dans son communiqué, Donald Trump a souligné que les États-Unis et l’Iran avaient réussi à s’accorder sur presque tous les points de désaccord. Ce délai de deux semaines, selon lui, permettra de finaliser cet accord. Mais que contient réellement ce plan, qui semble séduire le président américain malgré des propositions favorables à Téhéran ?

Selon des informations relayées par CNN, les médias iraniens et l’ambassade d’Iran en Inde, les États-Unis auraient accepté de laisser à l’Iran le contrôle du détroit d’Ormuz. Ce point est crucial, car ce détroit, par lequel transite la majorité du pétrole mondial, est un levier de pression important pour l’Iran depuis le début du conflit, suscitant des inquiétudes sur les marchés internationaux.

Un autre point clé du plan iranien concerne la levée de toutes les sanctions primaires et secondaires qui pèsent sur l’économie iranienne. Téhéran considère cette levée comme une condition sine qua non pour toute désescalade, alors que Washington voit ces sanctions comme un levier de négociation essentiel.

Le régime iranien a également demandé la résiliation de toutes les résolutions du Conseil de sécurité des Nations Unies, ainsi que celles du Conseil des gouverneurs de l’AIEA, l’agence internationale de l’énergie atomique. Ces demandes s’inscrivent dans un cadre plus large, où l’Iran cherche à redéfinir les rapports de force régionaux, notamment en réclamant un arrêt des hostilités sur tous les fronts, y compris en lien avec le Hezbollah libanais.

Un autre aspect marquant de ce plan est la demande d’indemnisation pour les dommages causés à l’Iran par les frappes militaires. Le retrait des forces militaires américaines de la région est également un point de tension, touchant à l’équilibre stratégique du Moyen-Orient.

Ce plan semble donc taillé sur mesure pour le régime iranien, avec peu de concessions pour les États-Unis. Parmi les points controversés figure aussi l’autorisation de l’enrichissement en uranium par l’Iran, alors que ce sujet était prioritaire pour Israël et les États-Unis lors de leur offensive contre la république islamique. Ce point n’apparaissait pas dans la version anglaise du plan transmise à l’ONU, mais uniquement dans celle en farsi.

Suite à la publication de ce plan, Donald Trump a rapidement réagi, affirmant que les questions en suspens seraient « parfaitement réglées ». Cependant, CNN a rapporté que l’Iran se prétendait victorieux, affirmant avoir contraint les États-Unis à accepter ce plan en dix points. En réponse, Trump a accusé CNN de diffuser des fake news.

Une source anonyme de l’administration américaine a confié à l’AFP que le document mentionné dans les médias n’était pas celui sur lequel ils travaillaient, ajoutant qu’il ne serait pas négocié publiquement.

Face à cette feuille de route iranienne, les États-Unis avancent leur propre plan, élaboré fin mars, qui se compose de quinze points. Ce dernier est nettement plus contraignant pour Téhéran, insistant sur la limitation des programmes nucléaires, la réduction des capacités balistiques et l’arrêt du soutien iranien à divers groupes armés dans la région. Ces deux visions opposées illustrent la complexité des négociations à venir, alors que Donald Trump promet « une victoire totale et complète pour les États-Unis, sans aucun doute ».