À la suite de l’annonce d’un cessez-le-feu, le chemin vers un accord durable entre l’Iran et les États-Unis semble encore semé d’embûches. Toutefois, Téhéran a déjà esquissé les contours des discussions à venir, à travers une proposition en dix points, présentée par le Conseil suprême de sécurité nationale iranien.
EN BREF
- Téhéran propose un cadre de négociation en dix points pour un accord avec Washington.
- Les demandes incluent la levée des sanctions et le maintien de l’enrichissement d’uranium.
- Une rencontre est prévue prochainement au Pakistan pour poursuivre les discussions.
Parmi les exigences majeures évoquées dans ce plan, l’Iran insiste sur la poursuite de son programme d’enrichissement d’uranium, la levée complète des sanctions, qu’elles soient primaires ou secondaires, ainsi qu’un engagement de non-agression de la part des États-Unis. Téhéran demande également à conserver son contrôle stratégique sur le détroit d’Ormuz et exige l’abrogation de plusieurs résolutions internationales à son encontre, tout en sollicitant le retrait des forces américaines de la région.
Ce cadre de négociation ne se limite pas aux seuls aspects nucléaires. Il comprend également des demandes plus larges, telles que le versement de réparations et l’arrêt des hostilités sur divers fronts, notamment au Liban. Le président américain Donald Trump a confirmé avoir reçu cette proposition, la qualifiant de base « viable » pour avancer vers un accord. Dans le même temps, il a évoqué un délai de deux semaines pour finaliser les négociations.
Une rencontre est d’ores et déjà prévue au Pakistan pour poursuivre ces discussions. Toutefois, la question de l’enrichissement de l’uranium demeure centrale et sensible. La spécialiste de la dissuasion nucléaire, Lova Rinel, a déclaré sur BFM que cet aspect représente une concession majeure en faveur de l’Iran, alors qu’un des objectifs clés de Washington jusqu’à présent a été de limiter les capacités nucléaires de Téhéran.
Cependant, ce mercredi, Donald Trump a rapidement écarté cette possibilité dans un message publié sur Truth Social. Il a affirmé : « Il n’y aura pas d’enrichissement d’uranium, et les États-Unis déblaieront, avec l’Iran, la « poussière » nucléaire liée aux bombardements de sites stratégiques par les États-Unis. » En outre, il a ajouté que si l’Iran ne cède pas son uranium, les États-Unis « le prendront », un avertissement qui souligne la tension persistante autour de cette question.
Dans une conférence de presse, le ministre américain de la Défense, Pete Hegseth, a également abordé la question des négociations avec l’Iran, précisant qu’elles porteraient notamment sur l’allégement des sanctions américaines ainsi que sur les droits de douane. Il a assuré que son pays travaillerait « étroitement » avec Téhéran tout en menaçant d’imposer des droits de douane de 50 % sur tous les pays fournissant des armes à l’Iran, « sans exception ni exemption ». Cette posture souligne les enjeux économiques qui se mêlent à cette question géopolitique complexe.
Alors que les négociations avancent, la tension entre les deux pays demeure palpable. Les discussions au Pakistan pourraient déterminer l’issue de cette proposition en dix points, mais il reste à voir si les États-Unis accepteront de faire des concessions sur des questions aussi sensibles que l’enrichissement d’uranium et la levée des sanctions. L’avenir des relations entre Washington et Téhéran dépendra en grande partie de la capacité des deux parties à trouver un terrain d’entente.