Nicolas Sarkozy reconnait une « erreur » de ses collaborateurs dans l’affaire libyenne

Le procĂšs en appel de Nicolas Sarkozy s’est ouvert le 7 avril 2026, au palais de justice de Paris. L’ancien prĂ©sident de la RĂ©publique est accusĂ© d’avoir permis Ă  ses proches collaborateurs, Claude GuĂ©ant et Brice Hortefeux, de nĂ©gocier un financement libyen pour sa campagne prĂ©sidentielle de 2007. Ce financement aurait Ă©tĂ© orchestrĂ© par le haut dignitaire libyen Abdallah Senoussi, condamnĂ© Ă  perpĂ©tuitĂ© pour son rĂŽle dans l’attentat du DC-10 d’UTA, qui a fait 170 victimes, dont 54 Français.

EN BREF

  • Nicolas Sarkozy est en procĂšs pour des financements libyens prĂ©sumĂ©s de sa campagne.
  • Il a reconnu que ses collaborateurs ont commis une « erreur » en rencontrant un dignitaire libyen.
  • Le procĂšs s’intĂ©resse aux relations de Sarkozy avec des intermĂ©diaires libyens.

Lors de son interrogation, Sarkozy a dĂ©clarĂ© que Claude GuĂ©ant et Brice Hortefeux avaient fait une « erreur » en s’engageant dans des discussions avec Senoussi. Il a insistĂ© sur le fait qu’il n’avait pas lui-mĂȘme demandĂ© Ă  rencontrer le dictateur libyen Mouammar Kadhafi, se dĂ©fendant contre les accusations selon lesquelles il aurait Ă©tabli un pacte de corruption.

La rencontre avec Kadhafi, qui a eu lieu en octobre 2005 alors que Sarkozy Ă©tait ministre de l’IntĂ©rieur, fait l’objet d’un examen minutieux. L’ancien prĂ©sident a affirmĂ© que Kadhafi Ă©tait celui qui avait souhaitĂ© cette rencontre et qu’il n’y avait eu aucune entente entre eux. « Je le dirai jusqu’Ă  mon dernier souffle car c’est la vĂ©rité », a-t-il dĂ©clarĂ©, tentant de maintenir son calme durant l’interrogatoire.

Les accusations de corruption qui pĂšsent sur Sarkozy proviennent d’une enquĂȘte sur des financements libyens, et il a exprimĂ© sa frustration face aux insinuations de complicitĂ©. « Ziad Takieddine, son contact, c’Ă©tait Senoussi. Takieddine n’avait aucune relation avec moi directement », a-t-il prĂ©cisĂ©, tentant de clarifier les liens entre ses collaborateurs et les intermĂ©diaires libyens.

Le prĂ©sident de la cour d’appel a interrogĂ© Sarkozy sur les imprudences de ses collaborateurs, mais l’ancien prĂ©sident a maintenu que GuĂ©ant et Hortefeux avaient Ă©tĂ© victimes d’une manipulation orchestrĂ©e par Takieddine. « Se faire enlever par Ziad Takieddine, c’est une erreur, c’est peut-ĂȘtre mĂȘme une faute », a-t-il admis, tout en continuant de dĂ©fendre ses proches.

En rĂ©ponse aux questions sur ses relations avec l’homme d’affaires Alexandre Djouhri, Sarkozy a affirmĂ© ne pas avoir Ă©tĂ© au courant des activitĂ©s de ce dernier lors de leur premiĂšre rencontre en 2006. Djouhri a Ă©tĂ© condamnĂ© lors du premier procĂšs pour avoir profitĂ© de fonds publics libyens dĂ©tournĂ©s.

Nicolas Sarkozy a Ă©galement Ă©voquĂ© sa rencontre avec Kadhafi, dĂ©crivant l’échange comme un monologue sur les crimes amĂ©ricains et les ambitions politiques de Kadhafi. Il a insistĂ© sur le peu d’intĂ©rĂȘt qu’il a retirĂ© de cet Ă©change, le qualifiant d’incident sans vĂ©ritable signification.

Au fil de cet interrogatoire, Sarkozy a tentĂ© de se distancier des implications de ses anciens collaborateurs, tout en plaidant son innocence face Ă  des accusations qu’il considĂšre infondĂ©es. « La vĂ©ritĂ©, c’est qu’il n’y a pas un centime d’argent libyen dans ma campagne », a-t-il rĂ©affirmĂ© avec conviction.

Ce procĂšs en appel s’inscrit dans un contexte judiciaire complexe pour l’ancien prĂ©sident, dont les dĂ©clarations et les justifications seront scrutĂ©es de prĂšs par le tribunal. Les dĂ©bats promettent d’ĂȘtre intenses alors que Sarkozy cherche Ă  prouver sa bonne foi et Ă  dĂ©jouer les accusations qui persistent Ă  son encontre.

Alors que le procĂšs se poursuit, les attentes sont Ă©levĂ©es quant aux rĂ©vĂ©lations potentielles qui pourraient Ă©merger des tĂ©moignages et des Ă©changes lors des prochaines audiences. L’affaire soulĂšve des questions non seulement sur le passĂ© politique de Sarkozy, mais aussi sur les relations entre la France et la Libye Ă  une Ă©poque oĂč le pays Ă©tait en proie Ă  des bouleversements politiques.