La Chancellerie française fait face à une vague de critiques suite aux révélations concernant des fuites d’informations durant la garde à vue de l’eurodéputée LFI Rima Hassan. Accusée d’apologie du terrorisme, l’élue a porté plainte pour violation du secret professionnel, mettant en lumière des tensions au sein du ministère de la Justice.
EN BREF
- Rima Hassan a porté plainte pour violation du secret professionnel.
- Le porte-parole du ministère de la Justice dément les accusations de fuites.
- Une enquête a été ouverte pour violation du secret de l’enquête.
Au cœur de cette affaire, le porte-parole du ministère de la Justice, Sacha Straub-Kahn, est accusé par Rima Hassan d’avoir divulgué des informations sensibles à des journalistes pendant sa garde à vue. Le magistrat a fermement démenti ces allégations, les qualifiant de « mensongères ». En réponse, il a déposé plainte pour diffamation, dénonçant également les injures antisémites qu’il reçoit sur les réseaux sociaux depuis la parution d’un article du Canard Enchaîné.
Dans ce contexte tendu, le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, a ordonné une enquête administrative et a saisi l’Inspection générale de la Justice. Il a réagi à des accusations formulées par le député LFI Thomas Portes qui demandait le départ de Sacha Straub-Kahn. Darmanin a affirmé que ces accusations mettent en danger le magistrat et a appelé les Insoumis à condamner l’antisémitisme présent dans leurs rangs.
Les fuites d’informations sont prises très au sérieux par la justice. Le parquet de Paris a annoncé l’ouverture d’une enquête pour violation du secret de l’enquête, un délit passible de trois ans d’emprisonnement et de 45 000 euros d’amende. Cette enquête vise à établir la provenance des informations divulguées, qui auraient été révélées au moment même de la garde à vue de Rima Hassan.
Le 2 avril, l’eurodéputée a été placée en garde à vue, suscitant une attention médiatique considérable. À l’issue de cette garde à vue, elle a été informée qu’elle faisait l’objet de poursuites pour apologie du terrorisme, en relation avec un de ses posts sur X. Des sources proches du dossier ont également fait état de la découverte de quelques grammes d’une drogue de synthèse dans ses affaires, mais cette information n’a pas été confirmée par le parquet.
Rima Hassan a déclaré avoir acheté légalement du CBD à Bruxelles et a nié toute implication dans l’achat d’une drogue de synthèse. Selon son avocat, Me Vincent Brengarth, les premières analyses policières ont révélé des traces de drogue, mais les tests urinaires n’ont pas montré la présence de substances illicites dans l’organisme de l’élue.
Le lendemain de sa garde à vue, Rima Hassan a été entendue à nouveau par la police dans le cadre de deux enquêtes supplémentaires. Elle a dénoncé ce qu’elle qualifie de « harcèlement judiciaire et politique » motivé par ses opinions. Cette situation soulève des questions sur la gestion des informations sensibles par les autorités et le traitement des élus dans le cadre d’enquêtes judiciaires.
Alors que l’affaire prend de l’ampleur, il reste à voir comment la justice et le gouvernement vont gérer cette crise de confiance au sein du ministère de la Justice et quelles conséquences elle pourrait avoir sur la carrière politique de Rima Hassan.