Patrick Balkany : 18 mois de prison ferme requis pour détournement de fonds publics

Le tribunal de Nanterre a requis, ce mercredi, une peine de trois ans d’emprisonnement, dont 18 mois fermes, à l’encontre de Patrick Balkany, ancien maire de Levallois-Perret, dans le cadre d’une affaire de détournement de fonds publics. Jugé pour des faits de prise illégale d’intérêts, ce procès a mis en lumière des pratiques douteuses liées à une association subventionnée par la mairie.

EN BREF

  • Patrick Balkany a été jugé pour détournement de fonds publics et prise illégale d’intérêts.
  • Le procureur a requis 18 mois de prison ferme et une amende de 350.000 euros.
  • Le jugement sera rendu le 28 mai prochain.

Lors de l’audience, la procureure, Nathalie Foy, a souligné la gravité des faits, décrivant une « atteinte à la société et à l’État ». Elle a également pris en compte l’âge avancé de l’accusé, âgé de 77 ans. Le procès a révélé les liens étroits entre Balkany et son ancien directeur du développement économique, Renaud Guillot-Corail, décédé en 2020. Ce dernier aurait bénéficié d’une rémunération indue, grâce à une association, le Codeeil, financée par des subventions municipales.

Au cours des débats, la procureure a démontré que cette association avait été conçue pour contourner les règles de la fonction publique. Elle a mis en lumière des abus tels que des voyages luxueux en première classe financés par des fonds publics. « L’argent public c’est sacré », a-t-elle insisté, rappelant que des associations d’aide sociale ne reçoivent que des montants dérisoires comparés aux sommes gaspillées dans ce montage.

Les charges retenues contre Balkany incluent l’utilisation abusive des ressources publiques pour assurer un complément de revenus à Guillot-Corail, qui touchait déjà une retraite substantielle. Ce dernier cumulait ainsi des revenus dépassant 11.000 euros par mois, tout en louant un logement à Levallois à un tarif très en dessous du marché.

La tension a monté au cours des échanges entre le tribunal et l’ancien maire, ce dernier reprochant à la présidente du tribunal un « mélange des genres » et des questions qu’il jugeait déplacées. La magistrate, Nathalie Ballerini, a répondu avec fermeté, rappelant à Balkany les règles de la cour. « Vous ne me parlez pas comme à votre secrétaire », s’est-il exclamé, témoignant d’une certaine exaspération face à la situation.

Dans sa défense, l’avocat de Balkany, Robin Binsard, a rejeté les accusations et a plaidé pour une relaxe. Il a dénoncé la sévérité des réquisitions et a demandé à la cour de juger l’homme, et non le « baron des Hauts-de-Seine ». « Il n’existe aucune certitude dans ce dossier », a-t-il soutenu.

Patrick Balkany, quant à lui, s’est montré serein face aux accusations. « La justice, elle se trompe parfois, j’espère qu’elle reconnaîtra cette fois ma bonne foi », a-t-il déclaré. Le verdict final sera rendu le 28 mai, date à laquelle la cour examinera également une seconde affaire impliquant l’utilisation illégale de policiers comme chauffeurs privés, une accusation que Balkany a refusé de commenter lors de cette audience.

Ce procès met en lumière des pratiques de gestion des fonds publics qui soulèvent des questions éthiques et juridiques, et il ne fait que renforcer le sentiment d’une nécessité de transparence et d’intégrité dans la gestion des affaires publiques.