Les relations entre la France et la Hongrie se sont récemment tendues, suite à des révélations mettant en lumière des interactions inappropriées entre Budapest et Moscou. Ce jeudi 9 avril, Jean-Noël Barrot, ministre français des Affaires étrangères, a qualifié d’« acte de trahison » le comportement du gouvernement hongrois, après que des médias aient diffusé des conversations téléphoniques montrant le soutien de Peter Szijjarto, son homologue hongrois, à la Russie lors de réunions à Bruxelles.
EN BREF
- Jean-Noël Barrot dénonce une trahison de la Hongrie envers l’UE.
- Des médias révèlent des liens directs entre le ministre hongrois et la Russie.
- Les élections législatives en Hongrie s’annoncent très disputées.
Lors d’une interview sur France Inter, M. Barrot a déclaré : « C’est une trahison de l’exigence de solidarité qui s’impose entre les pays de l’Union européenne. » Selon lui, le renforcement de l’unité est essentiel pour résister à l’émergence de nouveaux empires mondiaux. Il a ajouté : « Il nous arrive d’avoir des désaccords, mais c’est l’unité qui doit prévaloir. » Ces propos mettent en lumière l’inquiétude croissante en Europe face aux tensions géopolitiques actuelles.
Les révélations en question proviennent d’un consortium de médias est-européens, comprenant The Insider, VSquare et Delfi. Le 31 mars, ces médias avaient rapporté que Peter Szijjarto avait fourni à Moscou, par l’intermédiaire de Sergueï Lavrov, des informations stratégiques sur des questions cruciales. Ces informations ont soulevé des inquiétudes quant à la sécurité et l’intégrité des délibérations des États membres de l’Union européenne.
M. Barrot a également souligné que la confiance entre les pays membres de l’UE est essentielle. Les différentes configurations des réunions à Bruxelles, où parfois des conseillers sont présents et parfois non, compliquent la situation. Il a noté que ces révélations jettent un doute sur la fiabilité des échanges entre les États membres.
La porte-parole de la Commission européenne, Paula Pinho, a qualifié ces informations de « préoccupantes » et a souligné la nécessité pour le gouvernement hongrois de s’expliquer rapidement. Elle a exprimé des doutes concernant la possibilité qu’un gouvernement membre ait coordonné ses actions avec la Russie, ce qui mettrait en péril les intérêts de l’Union européenne.
De son côté, Peter Szijjarto a dénoncé ces révélations comme une ingérence étrangère dans la politique intérieure hongroise, en particulier à l’approche des élections législatives, où Viktor Orban brigue un cinquième mandat consécutif. Le ministre hongrois a qualifié cette situation de « très grand scandale », affirmant que ses communications avaient été interceptées par des services secrets, ce qui, selon lui, était dans l’intérêt de l’Ukraine.
Les élections, prévues ce dimanche, sont attendues avec impatience, car les sondages laissent présager une compétition acharnée. Le parti Tisza, dirigé par le conservateur proeuropéen Peter Magyar, pourrait bien contester l’hégémonie de Viktor Orban, qui dirige le pays depuis seize ans. Les institutions pro-gouvernementales, quant à elles, prédisent une victoire pour la coalition Fidesz-KDNP de M. Orban.
Cette situation met en lumière les tensions croissantes au sein de l’Union européenne, alors que des pays comme la Hongrie affichent des positions parfois en désaccord avec les lignes directrices de l’UE. La question de la solidarité entre États membres sera sans aucun doute au cœur des débats dans les mois à venir.