Depuis le week-end de Pâques, les automobilistes français font face à des pénuries de carburant croissantes. Selon la ministre déléguée chargée de l’Énergie, Maud Bregeon, près d’une station-service sur cinq était en rupture de stock pour au moins un carburant à la suite de ce long week-end. Cette situation résulte de problèmes logistiques exacerbés par le contexte géopolitique actuel, notamment le conflit en Iran et au Liban.
EN BREF
- Près de 18 % des stations-service en rupture de stock après le week-end de Pâques.
- Les stations TotalEnergies touchées à 83 % par les pénuries de carburant.
- Problèmes logistiques aggravés par la guerre au Moyen-Orient et les week-ends prolongés.
Un décompte des pénuries, relayé par franceinfo, souligne que ces ruptures, initialement marginales, ont commencé à s’amplifier à partir de la mi-mars, atteignant un pic le 7 avril avec plus de 30 % des points de vente affectés. Au 9 avril, le ministère de l’Économie note que 13 % des stations rencontrent des difficultés d’approvisionnement, avec un taux particulièrement élevé en Île-de-France, où 16 % des stations sont concernées.
Les stations qui affichent des prix plus compétitifs sont particulièrement touchées par ces pénuries. TotalEnergies, le géant pétrolier français, est en première ligne : près de 80 % des pompes à sec sont des stations de cette enseigne. Maud Bregeon a également confirmé que 83 % des stations ayant signalé des problèmes étaient des stations TotalEnergies. Cette situation s’explique par la décision de l’entreprise de maintenir un plafond sur ses prix, fixé à 1,99 € le litre pour l’essence et à 2,25 € pour le diesel, alors que de nombreuses autres stations affichent des prix supérieurs à 2 € pour l’essence et 2,38 € pour le diesel.
Le week-end de Pâques a également contribué à aggraver les pénuries, en raison d’une forte affluence sur les routes et de problèmes de ravitaillement. Olivier Gantois, président de l’Union française des industries pétrolières (Ufip), a souligné sur RTL que la logistique a du mal à tenir lors des week-ends prolongés, car la plupart des camions ne circulent pas les dimanches et jours fériés. Cette situation met en lumière les défis auxquels font face les stations-service pour répondre à une demande accrue durant ces périodes de congé.
Les automobilistes, quant à eux, sont de plus en plus inquiets de la situation. Les pénuries de carburant engendrent non seulement des désagréments mais soulèvent également des interrogations sur la stabilité des prix dans un contexte économique déjà tendu. Alors que le coût du carburant est en constante augmentation, ces ruptures d’approvisionnement ajoutent une pression supplémentaire sur les consommateurs, qui doivent faire face à des prix en hausse tout en cherchant à trouver un accès fiable à l’essence et au diesel.
Dans ce contexte incertain, il est essentiel pour les automobilistes de rester informés sur l’état des stations-service et d’anticiper leurs besoins en carburant. La situation actuelle rappelle combien la logistique et l’approvisionnement sont cruciaux dans le secteur du carburant, particulièrement en période de forte demande.