La France se prépare à un éventuel conflit ouvert avec la Russie

La France intensifie ses efforts pour se préparer à une éventuelle « guerre ouverte » avec la Russie, à la lumière des tensions géopolitiques croissantes et du désengagement diplomatique des États-Unis en Europe. Cette préoccupation a été exprimée par le général Fabien Mandon, chef d’état-major des Armées françaises, lors d’une audition à l’Assemblée nationale le 9 avril.

EN BREF

  • La France anticipe une menace russe croissante sur le continent européen.
  • Le budget de la défense sera renforcé pour faire face à cette situation.
  • Des mesures seront prises pour améliorer la préparation militaire et la réactivité du pays.

Lors de cette audition, le général Mandon a souligné que la menace d’un conflit armé avec la Russie reste sa « préoccupation première » pour la préparation des forces armées françaises. « La permanence d’une menace russe sur notre continent […] reste ma préoccupation première en termes de préparation des armées », a-t-il déclaré.

En janvier, le président Emmanuel Macron avait déjà appelé à une révision de la loi de programmation militaire (LPM) pour augmenter le budget de la défense de 36 milliards d’euros, en plus des 413 milliards déjà prévus pour la période 2024-2030. « Pour rester libre, il faut être craint ; pour être craint, il faut être puissant », a affirmé le chef de l’État, insistant sur l’urgence d’accélérer le réarmement français.

Une montée en puissance militaire

Le général Mandon a également évoqué l’importance d’actualiser les prévisions militaires, en indiquant que la Russie pourrait compter 1,3 million de soldats en 2025, avec une projection de 1,9 million d’ici 2030. En parallèle, le nombre de chars lourds russes pourrait passer de 4 000 à 7 000, tandis que la marine de guerre russe maintiendrait un effectif de 230 à 240 navires de combat.

« C’est quelque chose qui n’est absolument pas dogmatique, c’est quelque chose de renseigné », a-t-il précisé, soulignant la nécessité de renforcer les capacités de défense françaises face à ces menaces croissantes.

Des mesures concrètes pour la défense

Dans le cadre de cette actualisation de la LPM, le gouvernement prévoit d’importantes augmentations des stocks de munitions, notamment une hausse de 400 % pour les munitions téléopérées, 240 % pour les bombes AASM et 85 % pour les missiles Scalp. De plus, deux milliards d’euros supplémentaires seront consacrés aux drones militaires.

Le dispositif prévoit également la possibilité pour le président de la République d’instaurer un « régime d’état d’alerte et de sécurité nationale » en cas de menace grave. Ce cadre, activable uniquement sur décision présidentielle, vise à faciliter la prise de décision et à lever les obstacles qui ralentissent les projets stratégiques de défense.

Le général Mandon a insisté sur le fait que cette loi de programmation militaire est essentielle pour la protection des citoyens et des intérêts français. « Nous sommes dans une période de danger. Il ne faut pas susciter de l’inquiétude, mais juste de l’éveil », a-t-il déclaré. Il a également rappelé que la menace terroriste demeure forte, notamment au Proche et Moyen-Orient, en Asie et sur le continent africain.

Par ailleurs, le général a souligné que la confiance dans l’engagement des États-Unis pour la sécurité européenne ne peut plus être aussi forte qu’autrefois. « Le dialogue avec les autorités militaires américaines reste de grande qualité », a-t-il noté, mais il a averti que les priorités des États-Unis ne coïncident pas toujours avec celles de l’Europe, incitant ainsi la France à se renforcer.

La loi de programmation militaire révisée doit être bientôt présentée au Parlement, avec l’espoir qu’elle soit adoptée avant le 14 juillet 2026. Cette échéance coïncidera avec la dernière parade militaire du président Macron, marquant ainsi un tournant significatif dans la défense nationale.