Les prix du pétrole font plonger l’optimisme après la trêve au Moyen-Orient

La situation économique au Moyen-Orient a connu un retournement rapide suite à la hausse des prix du pétrole, qui a douché l’optimisme qui prévalait après l’annonce d’une trêve entre les États-Unis et l’Iran. Alors que les marchés boursiers avaient affiché une certaine euphorie, la réalité des fluctuations des prix du brut rappelle aux investisseurs la fragilité de la situation géopolitique.

EN BREF

  • Les prix du pétrole ont rebondi, perturbant les marchés financiers.
  • Les incertitudes géopolitiques pèsent sur les prévisions économiques.
  • Des négociations entre l’Iran et les États-Unis sont prévues prochainement.

Ce jeudi, Charlotte de Montpellier, une analyste chez ING, a souligné que l’optimisme observé la veille était peut-être « un peu trop élevé », et que les marchés retournaient à une évaluation plus réaliste des faits. La hausse des prix du pétrole, considérée comme un élément central des risques d’inflation, a en effet suscité des inquiétudes quant à la solidité du cessez-le-feu entre les deux nations.

Le baril de West Texas Intermediate (WTI), référence américaine, a de nouveau dépassé les 100 dollars, atteignant 98,99 dollars à 16H00 GMT, en hausse de 4,85 % par rapport à la veille. De son côté, le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en juin a progressé de 1,74 %, s’établissant à 96,40 dollars.

Pour rassurer le marché, la société de gestion d’actifs Schroders a précisé que le volume de navires traversant le détroit d’Ormuz devrait augmenter de manière substantielle dans les deux semaines à venir. Cependant, il a été précisé qu’il ne suffira pas que ce nombre atteigne 20 ou 30 navires, alors qu’avant le conflit, il était d’environ 130 à 150.

Sur le plan boursier, trois des quatre principaux indices européens ont vu leur valeur diminuer. À Francfort, le DAX a chuté de 1,14 %, tandis que Paris a enregistré une baisse plus modérée de 0,22 %. À Londres, le Footsie a frôlé l’équilibre avec une légère baisse de 0,05 %, soutenu par un rebond des valeurs pétrolières après une forte correction la veille, affichant des hausses de 3,16 % pour BP et 1,4 % pour Shell. En revanche, Milan a connu une progression de 0,50 %, portée par le groupe pétrolier Eni, qui a gagné 3,96 %.

Les analystes, comme Kathleen Brook pour XTB, ont noté que l’humeur du marché était nettement moins euphorique, les actions européennes effaçant une partie des gains réalisés la veille. Les investisseurs restent très attentifs aux nouvelles en provenance du Moyen-Orient, un facteur clé dans l’évolution des marchés.

Peu après la clôture des Bourses européennes, les indices de New York ont montré des signes de reprise, avec le S&P 500 en hausse de 0,61 % et le Dow Jones de 0,56 %. Cela a été perçu comme un signe positif, bien que prudent, après une ouverture hésitante.

Parallèlement, le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, a déclaré avoir ordonné à son cabinet d’entamer des « négociations directes » avec le Liban concernant le désarmement du mouvement islamiste Hezbollah. Cela fait suite à des bombardements israéliens qui ont causé plus de 200 morts et un millier de blessés, selon le dernier bilan du ministère de la Santé.

Les discussions entre l’Iran et les États-Unis, sous la direction du vice-président JD Vance, sont également prévues dans les jours à venir au Pakistan, renforçant l’idée que le climat géopolitique pourrait continuer à influencer les marchés financiers.

En ce qui concerne le marché de la dette, la menace d’inflation a entraîné une remontée des taux d’intérêt. Le rendement sur la dette allemande à dix ans a atteint 2,99 %, contre 2,94 % la veille, tandis que le taux français a progressé à 3,61 %, contre 3,58 %. Cette tendance souligne la vigilance des banques centrales face à l’inflation, qui continue d’être un sujet de préoccupation majeur pour les investisseurs.

Les prévisions de l’OCDE indiquent que l’inflation pourrait atteindre 4,2 % cette année aux États-Unis, ce qui complique la tâche de Kevin Warsh, conseiller en investissement, qui avait été nommé par Donald Trump pour assouplir la politique monétaire de la Réserve fédérale.