Patrick Balkany en procès : tensions autour de l’utilisation de policiers comme chauffeurs

Le tribunal correctionnel de Nanterre a été le théâtre d’une audience tumultueuse concernant Patrick Balkany, ancien maire de Levallois-Perret, le 7 avril 2026. Accusé d’avoir utilisé des policiers municipaux comme chauffeurs personnels, l’ex-édile a exprimé son indignation face aux accusations qui pèsent sur lui, plongeant la salle d’audience dans un climat de tension palpable.

EN BREF

  • L’ancien maire est accusé d’avoir détourné des fonds publics entre 2010 et 2015.
  • Des échanges houleux ont émaillé l’audience, provoquant une suspension temporaire des débats.
  • Les témoignages d’anciens chauffeurs brossent un tableau inquiétant de leur service auprès de Balkany.

Ce jour-là, après des réquisitions de 18 mois de prison ferme pour un autre volet de l’affaire, Patrick Balkany a dû se défendre face à des accusations sérieuses. Entre 2010 et 2015, il aurait détourné des fonds publics en affectant des agents de la police municipale, ainsi qu’un fonctionnaire de police nationale, à ses déplacements personnels. Cette affaire, qui a pris une ampleur considérable, a suscité la colère de l’ancien maire, qui n’a pas hésité à s’emporter au cours de son procès.

Les tensions ont atteint leur paroxysme lorsque l’avocat de la défense, Me Robin Binsard, a remis en question la validité de l’enquête. Selon lui, des « dysfonctionnements majeurs » ont été relevés, notamment le fait que neuf juges d’instruction se soient succédé sans mener d’actions concrètes. Ces propos ont provoqué une réaction immédiate du procureur, qui a rejeté avec fermeté cette demande de nullité, affirmant que « le temps ne fait rien à l’affaire ».

Devant la présidente de la cour, Céline Ballerini, Balkany a exprimé son mécontentement : « Le maire en fonction est responsable de tout, le juge n’est responsable de rien ». Cette déclaration a conduit à une suspension des débats après que la présidente ait jugé que la situation frôlait l’outrage.

L’origine de cette affaire remonte à des plaintes dénonçant un malaise au sein de la police municipale, avec des accusations sur l’utilisation inappropriée de chauffeurs, qui auraient été envoyés jusqu’aux Caraïbes. Patrick Balkany a tenté de justifier cette pratique en invoquant des raisons de sécurité, rappelant qu’il avait créé la police municipale à la demande de Charles Pasqua en 1983.

Il a aussi évoqué les menaces qu’il avait subies, notamment une agression à « coup de hache ». Cependant, les témoignages des chauffeurs ont révélé des conditions de travail très difficiles. Un ancien chauffeur a ainsi relaté avoir perdu du poids à cause des longues heures passées à attendre dans sa voiture, tandis qu’un autre a décrit le traitement qu’il subissait, se sentant comme un « larbin de service ».

Le procès a également mis en lumière des séjours aux Antilles, où les chauffeurs ont été affectés à des tâches très éloignées de leurs fonctions initiales. L’un d’eux a témoigné avoir conduit l’épouse de Balkany au casino, rencontrant des personnalités comme Eric Zemmour et Eric Naulleau. Face à ces révélations, Balkany a réagi avec sarcasme, minimisant la situation en disant que ces chauffeurs vivaient « leur vie dans leur piaule ».

Alors que l’audience se poursuit, le procès de Patrick Balkany soulève des questions sur l’utilisation des ressources publiques et la responsabilité des élus. Les révélations sur les conditions de travail des policiers affectés à son service mettent en lumière des pratiques potentiellement abusives. La justice devra désormais déterminer si les accusations portées contre lui sont fondées, et quels seront les conséquences de cette affaire qui continue de tenir en haleine le public.